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dimanche 25 novembre 2018

Au pays des tapis et des déclinaisons / Табасаранские ковры и склонения

Vous vous souvenez peut-être de Radik, le Daguestanais que j'avais rencontré sur les rives du Baïkal. Radik était tabasaran. Il m'avait expliqué - et d'autres Daguestanais me l'ont dit aussi - que sa langue est un peu compliquée : elle comporte une quarantaine de cas de déclinaison. Le tabasaran est une langue aux sonorités originales, caucasienne mais influencée par 2 langues turcophones voisines (azéri et kumyk).

Giulnaz Hadzhikurbanova : "Табасаран халачйир" (Табасаранские ковры)

Un petit tapis tabasaran à Arkit, chez une voisine de Mina et Tverüz

On m'a aussi dit à plusieurs reprises que les Tabasaran font de beaux tapis. Il n'en fallait pas plus pour que je décide d'aller explorer le district tabasaran, en commençant par son chef-lieu Khutchni, où j'espérais pouvoir visiter des fabriques de tapis.

Entrée dans le district tabasaran

En chemin, je me suis planquée pour bivouaquer près d'un petit col agréable : le ciel se dégageait, j'étais un peu fatiguée des nombreuses mini-intervious et photos-vidéos, je voulais me coucher tôt, et si je ne me cachais pas, je serais sûrement invitée par des villageois du prochain bled...

En trike, on profite du paysage sans forcer sur la nuque, c'est confortable !

Le lendemain à Khutchni, j'ai eu vite fait le tour de ce bourg tout en longueur le long d'une vallée pas bien large, plutôt terne. Je n'ai pas trouvé de fabrique de tapis, et pour cause : Farkhad m'a expliqué que la dernière avait fermé depuis plus de 10 ans ! Bravo les mises à jour des guides touristiques...

Farkhad m'a guidée jusqu'à l'antre d'un cordonnier qui a recousu mes chaussures cyclo en refusant de me faire payer, puis il m'a invitée à déjeûner avec sa famille : khinkali, tchudu, salade et poulet du jardin, kompot de mûres,... tout était fait maison.

Déjeûner en terrasse chez Farkhad, avec l'aspirateur pour se débarrasser des guêpes importunes

Farkhad avait une technique intéressante pour se débarrasser des guêpes qui venaient se servir à notre table : à l'aspirateur ! Enfin, quand j'ai expliqué par quelle route je comptais repartir, Farkhad m'a déconseillé cette option : à moins de 5 km de Khutchni, cette route allait devenir une piste difficile, il pensait que j'aurais du mal à passer avec mon trike. A la place, il m'a recommandé d'aller voir la cascade à quelques kilomètres de là, puis de retourner à Derbent pour rejoindre une autre route.

Khanagskiy vodopad, la cascade en amont de Khutchni

Salman, un des serveurs de l'auberge au pied de la cascade, essaie fièrement le trike rebaptisé kabriolett A l'auberge près de la cascade, Salman m'a appris qu'il y avait un atelier de tapis dans son village d'origine, Arkit. J'ai donc fait demi-tour pour rejoindre une autre vallée un peu plus à l'ouest.

Accueil chaleureux dans la famille de Nazar à Arkit Après une invitation pour un thé + goûter chez l'institutrice de Yagdig, et une rude montée, je suis arrivée à Arkit.

Le village n'a rien d'extraordinaire mais le site est joli. Nazar, qui m'avait doublée en voiture, m'avait invitée : nouveau thé, puis dîner en terrasse avec sa femme Intiza, leurs 3 enfants, et sa mère Mina, une baboushka avec des dents et un cœur en or. Curieusement, alors qu'ils ont équipé leur maison d'une salle de bain avec douche, chauffe-eau et machine à laver, les WC à la turque sont dans une cabane malodorante au fond du jardin. Je reverrai ce type d'aménagement dans plusieurs autres villages daguestanais.

Pendant ma journée de repos à Arkit, le tricycle ne chôme pas !

Des voisins sont ensuite venus prendre un autre thé (évidemment, tout le village était au courant de mon arrivée). C'est que, voyez-vous, j'étais apparemment la première touriste étrangère, et avec certitude le premier tricycliste couché, à visiter le village d'Arkit ! Tverüz, une amie de Mina, a essayé le tricycle et m'a invitée pour le lendemain.

Arkit. La toubib du village essaie mon trike chez son amie Tverüz

Le lendemain, Tverüz et Mina m'ont proposé une visite guidée approfondie du village. J'ai pris un thé au Med-Punkt, j'ai visité la poste, la maison de la culture locale avec son mini-musée, l'école vide, et le jardin d'enfants très animé. Je suis arrivée pendant un cours de danses caucasiennes : il a fallu que j'esquisse quelques mouvements de lezginka, encerclée par les bambins qui formaient une ronde endiablée, sous les encouragements des puéricultrices...

Arkit, centre du village. La grosse averse de l'après-midi se prépare...

Par contre, la fabrique de tapis était fermée : congés annuels, zut ! J'ai juste pu visiter une maison dans laquelle il y a avait un métier et un début de tapis.

Arkit. Métier à tapis dans une maison du village

Et j'ai remarqué chez mes hôtes de jolis mini-tapis carrés, faits maison, destinés à garnir chaises et tabourets. Forte de mon expérience du taarof iranien, j'ai eu la politesse de refuser quand Tverüz m'a proposé de me faire cadeau de 2 de ces mini-tapis (elle m'avait déjà offert des chaussons en laine et un foulard...). Mais j'avoue que j'ai été presque tentée d'en emporter un pour le siège du trike, ça aurait été classe !

dimanche 21 octobre 2018

Derbent, porte de l'empire / Дербент, ворота империи

Derbent est la deuxième plus grande ville du Daguestan, et, depuis qu'elle est russe, la plus ancienne ville de Russie. Ah non, pas tout-à-fait : troisième ville du Daguestan. La deuxième plus grosse ville est maintenant Khassavyourt, dans la plaine au nord, tout près de la Tchétchénie.

Vue sur Derbent depuis la citadelle Naryn Kala

Au fil des siècles, Derbent a appartenu à tous les empires qui se sont disputé la région, sous divers noms faisant référence à son rôle de Porte : la Barrière en persan (Darband, origine de son nom actuel), la Porte des portes en arabe, la Porte de fer en turc...

Interprète non identifié : "В моём сердце" (musique azérie du Dagestan)

Derbent. Porte Orta Kapi

La mort de l'imam Hussein, privé d'eau avant d'être exécuté, marqua le début du schisme entre Chiites et Sunnites La ville compte une importante minorité azérie, et on sent un peu plus l'influence persane que dans le reste du Daguestan. Outre des mosquées chiites, on trouve davantage de douchettes dans les WC :-) .

Derbent. Aux portes de la vieille ville.

C'est dans un petit restau azéri de Derbent qu'on m'a dit pour la deuxième fois que j'avais acquis le statut de star locale, grâce à mon tricycle et à diverses photos ou vidéos publiées sur internet par des Daguestanais qui m'avaient rencontrée. Si vous les trouvez, faites-moi signe : je ne les ai pas vues, même en cherchant avec quelques mots-clé russes.

Derbent. Dans les ruelles de la vieille ville.

J'ai flâné dans la vieille ville, située entre les anciens remparts. Les murs de pierre sont mis en valeur par d'élégants assortiments de gazoprovod typiques de l'empire soviétique.

Derbent. Assortiment de gazoprovodov

Pierres de Derbent truffées de coquillages Macadam ou béton de Derbent truffé de coquillages Une particularité : ces pierres sont truffées de coquillages, on en trouve même dans le béton et le macadam.

Ruelle de la vieille ville de Derbent

Pause-thé sous le préau d'une maison de la vieille ville à Derbent Une famille lezguienne m'a invitée à prendre un thé, généreusement accompagné de tchudu (чуду). Le papi m'expliquait qu'ils vivaient confortablement malgré sa modeste retraite car ses 2 filles, dont une dentiste, travaillent à Moscou. Mais la récente réforme des retraites va faire baisser leur niveau de vie, et la cote de Putin...

Derbent, remparts sud et citadelle Naryn Kala

Un des cimetières de Derbent, au sud de la vieille ville J'ai bien sûr visité la forteresse Naryn Kala et ses fameux remparts qui descendent de la montagne vers la mer. Ils barraient la route entre ce qui est maintenant la Russie et l'Azerbaïdjan (la frontière actuelle est à une quarantaine de kilomètres au sud). Un site à voir tôt le matin de préférence.

Derbent, vue de la citadelle Naryn Qala.

En redescendant, j'ai visité une ancienne église arménienne transformée en musée de l'artisanat. Plusieurs tapis tabasaran étaient exposés, ce sont les plus réputés du pays.

Derbent, remparts nord

Enfin, j'ai testé 2 plages, dont une à éviter, près de la conserverie... Il faut aller au nord de la ville pour trouver de l'eau plus propre.

Bain à remous dans la Caspienne

dimanche 14 octobre 2018

Distractions des vacanciers / Развлечения отдыхающих

Secouristes pas stressés sur la plage d'Izberbash

Sultan Uragan & Murat Tkhagalegov : "На дискотеку"

Pendant mon début de séjour au Daguestan, j'ai passé plus de temps dans l'eau de mer que sur mon tricycle. Surtout que j'ai finalement renoncé à faire tout le trajet Makhatchkala - Derbent sur 3 roues : la côte n'est pas vraiment belle,

La côte daguestanaise tout près de la station balnéaire d'Izberbash... Le Daghestan est exportateur de pétrole.

et pour éviter la grande route, on perd un temps fou dans des chemins pas très roulants.

Mes applis Maps.me ou Alpine Quest basées sur les cartes OSM, ou GoogleMaps, ne suffisaient pas toujours pour optimiser l'itinéraire. L'équivalent russe Yandex Karti était un peu plus à jour, mais parfois optimiste sur ce qui est "cyclable". Ou alors, il faut comprendre qu'en russe, "cyclable" veut dire qu'on peut passer avec un vélo, en pédalant, en le poussant, ou en le portant (un peu comme dans certains topos du Club des Cent Cols...).

Pousser ou tirer le tricycle sur des galets ou du sable, ou entre des buissons épineux le long de la voie ferrée, c'est bien plus galère qu'avec un vélo "normal". Et quand ça roulait, dès qu'il y avait des ornières, avec mes roues "20 pouces", j'entendais mes sacoches râper le sol, oy... J'ai fini par faire en taxi le tronçon Izberbash - Derbent.

Plage municipale d'Izberbash par grand beau temps

Ca ne m'a pas empêchée de profiter de la côte. J'ai passé entre 2 et 5 heures par jour à brasser gentiment de l'eau de mer, soit l'équivalent en 1 semaine de presque 6 mois de balnéothérapie au rythme de mes prescriptions de kiné à Grenoble. Ca m'a fait du bien !

Baigneurs à Izberbash

Tout ça me laissait quand même pas mal de temps libre : je vous propose une petit aperçu des distractions des vacanciers du coin sur la côte daguestanaise.

La lezginka est une danse très populaire au Daguestan

Les Daguestanais aiment danser : dans les restaus, sur les parkings, dans les jardins d'enfants...

Attraction du soir : un gnon-mètre.

Sur les promenades ou dans les parcs, une attraction assez populaire était le gnon-mètre. C'est une machine à sous qui, pour la modeste somme de 20 roubles, permet de donner un grand coup de poing sur une cible montée sur ressort, et de voir afficher un score proportionnel à la violence du coup.

Stand de tir à la kalashnikov en bord de plage. Contrairement au gnon-mètre, ici le public est mixte.

Bien sûr, dans les parcs, on trouve aussi des stands de tir... à la kalashnikov.

Bar à bières à Izberbash

Essai de tricycle dans le camp TchGU de Manas. Vue de face Les bars à bière côtoient les mosquées sans problème. Ils sont parfois équipés de rideaux comme des isoloirs, pour qu'on puisse siroter tranquillement sans se faire voir de l'imam ou des voisins. J'ai aussi vu d'autres attractions moins photogéniques, dont un petit chapiteau où se tenait un concours d'ingurgitation de biscuits type Petit Lu et divers jeux d'adresse.

Et bien sûr, j'ai eu quelques occasions de faire essayer mon tricycle, ou de le prêter aux enfants, petits ou grands, hébergés dans le même hôtel que moi.

A Izberbash, j'ai trouvé tout près de la plage municipale un petit hôtel idéal pour moi : le "Dzhumeirah", pas trop cher bien que confortable et propre ; mon balcon avec corde à linge donnait sur la cour intérieure équipée d'un préau qui faisait restau et garage à tricycle. Les proprios, une famille darguine, m'ont invitée à déguster mon premier tchudu (чуду) le soir de mon arrivée. C'est un plat national qui ressemble vaguement à une pizza calzone dans le principe mais en plus moelleux, avec des ingrédients différents (fromage frais et herbes, ou viande patates oignons...). En fait c'est assez proche de l' osetinskii pirog ou du khatchapuri géorgien.

Un plat national daguestanais : le tchudu

dimanche 23 septembre 2018

Invitée au Kadyrovstan / Гость в Кадыровстане

Ma première étape daguestanaise n'a pas été bien longue : j'ai dû réparer ma première petite crevaison ( roue avant, facile sur un trike : même pas besoin de sortir la roue pour changer de chambre à air ! ) avant de partir de Makhatchkala. Ma pompe a refusé de pomper, mais par chance, dans la deuxième petite libraire-papeterie où je cherchais —toujours sans succès— une carte détaillée du Daguestan, le gérant était cycliste et il m'a fait cadeau de sa pompe.

Makhatchkala. Un institut universitaire proche du centre ville

J'ai tâtonné un peu pour sortir de Makhatchkala sans passer sur le grand pont au gabarit autoroutier qui s'élevait par-dessus la voie ferrée : déjà sur le papier, ça ne fait pas vraiment envie, mais sans bande d'arrêt d'urgence et avec des Daguestanais habitués à passer à 4 voitures sur 3 voies, je ne voulais surtout pas tenter l'expérience...

De Makhatchkala à Kaspiisk inclus, les plages se succèdent Ensuite à peine arrivée à Kaspiisk, j'ai visé une petite plage et je me suis baignée. Et enfin, comme je voulais éviter la grande route de transit Makhatchkala - Bakou, j'ai perdu du temps à zigzaguer sur des chemins plus ou moins orniérés, dont une partie sont des culs-de-sac.

Bref, la nuit allait tomber quand je suis arrivée dans le secteur des sanatorii et autres centres de loisirs de Manas. Un des nombreux automobilistes qui a ralenti pour zyeuter mon tricycle et me saluer m'a conseillé de continuer après le grand sanatorium pour aller passer la nuit dans une des bases de loisirs, celle avec une pancarte Tchéguéou.

Le camp TchGU de Manas vu de drone (copyright ???)

J'y suis donc allée, un peu intriguée par le mur de clôture qui faisait plus penser à une caserne qu'à un camping ou une base de loisirs. J'ai ensuite remarqué un grand portrait de Ramzan Kadyrov sur le mur de l'accueil, et un drapeau tchétchène.

Sharpudi & Rizvadi Ismailov : "БIаьрги нур" (lezginka tchétchène)

Bienvenue chez Ramzan Kadyrov...

Un gars jovial m'a dit en riant que la Tchétchénie était en train d'annexer le Daguestan, avant de m'expliquer que j'étais tout simplement dans un centre de vacances de l'Université d'Etat Tchétchène (ЧГУ). D'ailleurs, d'autres murs étaient ornés de citations du mégalo-président Ramzan Ahmadovitch Kadyrov.

Plutôt qu'un emplacement pour ma tente ou qu'une location de petit bungalow, j'ai eu droit à une des 2 maisons 'VIP", puis j'ai dîné avec la famille du directeur. Soirée au centre aéré du CROUS tchétchène : aprés le repas, on danse. On m'a expliqué que les Tchétchènes sont les plus hospitaliers des peuples du Caucase (je manque de recul pour confirmer ce point, mais... j'ai bien l'impression que ce sont les plus chauvins), et qu'il n'était pas question que je paye quoi que ce soit. Ils étaient aussi fiers de me dire que leur centre de vacances et leur plage étaient les plus propres du secteur : ça, c'était vrai. Parce que avant d'arriver là, j'avais vu pas mal de sacs poubelles ou autres détritus le long des routes ou chemins. Après un petit discours d'un prof, que les étudiants ont écouté rangés au garde-à-vous, j'ai pu assister à une séance de lezginka, la plus connue des danses du Nord Caucase. Je n'ai presque pas de photos, 2 des danseuses n'ont pas voulu que j'en prenne. Puis extinction des feux.

Bon accueil à la cusine de la cantine du camp TchGU Le lendemain, quand je me suis levée, mes hôtes et la plupart des étudiants étaient déjà partis à Derbent pour une cérémonie de remise de diplômes. Mais le directeur avait laissé des consignes à la cheftaine de la cantine : on m'a servi un copieux petit-déj avant mon bain de mer. La cuisinière a papoté avec moi ; ses 2 enfants ont à peine connu leur père, enlevé par "les fédéraux" et tué pendant la guerre de Tchétchénie.

Avant de repartir, j'ai prêté un moment ma chaise longue à pédales aux 2 jeunes assistants du concierge, tout le monde a trouvé ça bien amusant. Et bien sûr je suis invitée à visiter la riante Tchétchénie...

Essai de tricycle dans le camp TchGU de Manas. Vue de profil

vendredi 3 août 2018

Balnéothérapie intensive / Усиленная балнеотерапия

Plage municipale de Makhatchkala : premier bain dans la mer Caspienne

Sergey Ilyasafov : "Дагестан"

Pendant les vacances de mes kinés et/ou les miennes, j'essaie de compenser les 3 séances hebdomadaires de rééducation épaule/poignet que je rate.

Arrivée à Makhatchala : direct à la plage ! Mon chirurgien m'a dit que les bains d'eau de mer seraient bons pour moi. Et comme il y a 3 fois moins de sel par litre de Caspienne que par litre de Méditerranée, je prolonge les bains. L'eau est bonne, j'y passe plusieurs heures par jour. Le vent fait souvent déferler des vagues et il y a du courant : même sans les accessoires de KinéBulle, je peux faire travailler mes abaisseurs et mes rotateurs...

Plage municipale de Makhatchkala, avec vue sur la zone industrielle

La côte daghestanaise n'est pas spécialement jolie ni très propre.

Au Daguestan, on se baigne aussi bien en bikini qu'en robe longue.

Le spectacle, c'est la diversité des tenues de bain et des styles de baigneurs. A la plage, de temps en temps je sors de l'eau pour prendre des photos.

En famille à la plage d'Izberbash. Même les PMR en fauteuil vont faire trempette. Les touristes russes ont souvent un maillot de bain, mais les gens du coin se baignent majoritairement en caleçon, en short ou pantalons avec ou sans T-shirt, ou en robe, tête nue ou avec casquette, foulard, chapeau voire capuche "islamiquement correcte" pour les femmes (la population du Daghestan est majoritairement musulmane, avec là aussi une certaine diversité puisqu'il y a des soufis, des chiites et des sunnites "classiques", éventuellement vodka-compatibles).

Baboushka a attrapé un poisson, bravo ! Outre que ça économise l'achat de maillots de bain, ça permet aussi de se passer de crème solaire. C'est amusant de voir des baboushkas en robe longue plonger allègrement dans les vagues, en souriant de toutes leurs dents dorées. Parfois, les baigneurs les plus chanceux et rapides attrapent un poisson à la main.

Bains de mer vivifiants à Makhatchkala

mercredi 1 août 2018

Makhatchkala, nous voilà ! / Поехали в Махачкалу !

Il est temps que je vous présente ma nouvelle destination et ma nouvelle monture.

"Клятва", hymne daghestanais, successivement en avar et en russe.

La monture, dite Chaise longue à pédales, est un tricycle couché que j'ai acheté d'occasion. Le modèle que j'avais repéré (un trike AZUB) ne pouvait pas être livré avant les vacances, et je ne l'ai pas trouvé en occasion non plus. Par contre, j'ai trouvé une bonne occase d'un modèle que j'avais classé en troisième sur ma liste, un HP Velotechnik "Scorpion". Avec cet engin, je peux pédaler confortablement pendant des heures sans provoquer ou accentuer mes douleurs aux épaules et poignets (séquelles de mon accident de mars 2017).

Ma chaise longue à pédales, un HP Velotechnik - Scorpion

J'en ai tellement bavé pour l'emballer la nuit précédant mon départ que je n'ai pas pensé à photographier le résultat. C'était pourtant assez réussi : en assemblant plusieurs cartons de tailles différentes, j'avais réussi à caréner les 3 roues et le pédalier, et à protéger la transmission en-dessous et le siège au-dessus, tout en permettant à l'engin de rouler sur les roues avant quand on le tenait par un bout de porte-bagages. J'ai quand même chopé de bonnes courbatures dans les épaules en le traînant du parking à l'enregistrement à Cointrin...

Vladikavkaz, gare routière N°2. Mon tricycle dépasse un peu de la galerie de toit de la vieille Lada, mais ça ira bien.

Quant à ma destination, je transite par Tbilissi pour aller au Daguestan ou Daghestan , un pays qui n'en est pas vraiment un, mais dont les habitants sont très fiers de détenir le record mondial de la diversité linguistique.

Le Dagestan ? C'est où ??

Dans une petite librairie-papeterie de Makhatchkala où je cherchais une carte du Daguestan, quand j'ai dit au propriétaire que je trouvais impressionnant qu'on parle 14 langues dans un petit pays de 3 millions d'habitants, Makhatchakala. Le long d'une rue qui monte de la côte vers le centre il m'a immédiatement répondu avec un grand sourire qu'on recense pas loin de 40 langues ou dialectes, dont les 14 langues officielles et la majorité d'entre eux ne sont pas mutuellement intelligibles... Les langues officielles du Daguestan se répartissent dans 4 grandes familles : 9 langues caucasiennes appartenant à 4 sous-familles différentes, 3 langues turco-mongoles, une langue persane très minoritaire, et le russe que tous apprennent dès l'école primaire (ou même à la maison ou à la crèche) et utilisent spontanément comme langue de communication avec les inconnus. Plus précisément , on m'a expliqué que l'enseignement est dispensé en russe, mais tous les élèves ont des cours de langue dans au moins une langue locale.

Iskandar essaie ma chaise longue à pédales.

La capitale de cette étonnante république du Nord Caucase russe est assez mal desservie. Via Moscou, correspondance avec une nuit d'attente et changement d'aéroport : un peu dissuasif avec mon bagage spécial... Ramzan Kadyrov a sa binette partout en Tchétchénie Mon détour par Tbilissi ne me fait évidemment pas gagner de temps, mais les escales (Istanbul, Tbilissi et Vladikavkaz) sont plus agréables. Et puis, j'essaierai peut-être d'ajouter le col Djvaris (2375m) à mon palmarès sur le chemin du retour. J'ai enchaîné 3 tronçons : un taxi avec un très grand coffre de Tbilissi à Kazbegi, en tricycle de Kazbegi à Vladikavkaz, puis un vieux taxi Lada avec galerie de toit de Vladikavkaz à Makhatchkala en traversant la Tchétchénie.

Se déplacer en tricycle couché, même à Grenoble où on voit des tas de vélos, ça ne passe pas inaperçu. Au Daguestan, les touristes étrangers sont rares, et les cyclotouristes très rares. Ma chaise longue à pédales se fait prendre en photo Alors une touriste d'Europe occidentale visitant le Daguestan en chaise longue à pédales, je vous raconte pas... Des têtes étonnées et/ou hilares, ou des mains tenant un smartphone pointant son objectif vers moi, sortent des voitures qui me croisent ou me doublent. Je n'ai jamais aussi souvent été photographiée ou filmée ou interviouvée. Il n'est pas rare que mes interlocuteurs finissent par essayer l'engin, au bord de la route ou dans un hall d'hôtel. Bref, faut s'habituer à ce nouveau statut de star ou de bête de foire, mais globalement, c'est bien sympa !

vendredi 27 juillet 2018

Tbilissi, le retour / Обратно до Тбилили

Tbilissi. Centre ancien

Lela Tataraidze & ansambli Kesane : "Mariamula"

J'ai pris juste assez de retard dans les mises à jour pour enchaîner la fin de la série 2017 avec le début de la série 2018 : je suis de retour à Tbilissi. Mais comme je n'ai pas fini de charger les photos de l'été 2017, vous en aurez une petite sélection à mon retour suivant.

Vue du balcon de mon gîte Metekhi Ubani sur la vieille ville de Tbilissi.

Alors voilà, j'ai une fois de plus (la 3ème) atterri à Tbilissi en pleine nuit, avec un nouvel engin. Je ne peux pas encore refaire de rando à vélo, et je me suis un peu lassée du chariot-pulka. J'ai déballé hier, au fond de la tranquille impasse avec vue de mon gîte "Metekhi Ubani", ma chaise longue à pédales, sous les regards intrigués ou amusés des voisins ou des rares passants.

Réception des bains Tchreli Abanos.La source chaude est bien chaude,et délicatement sulfurée.

J'ai passé une journée très tranquille pour récupérer du trajet + petit décalage horaire : grasse matinée brièvement interrompue par le livreur du service "Bagages perdus" (et vite retrouvés) de l'aéroport ; bain chaud et massage aux thermes Tchreli Abanos, établissement historique récemment rénové, et jadis fréquenté par Pouchkine et Alexandre Dumas ; dégustation de glaces au vin, avant de terminer par un bon petit repas géorgien dans un restau du centre ancien.

Glaces au vin : y avait le choix entre Kindzmarauli, Kvantchkhara et une 3ème parfum dont je n'ai pas retenu le nom. Pour les vins, c'est un peu compliqué car les appellations ne sont apparemment pas aussi normalisées qu'en France. Parfois on s'y perd un peu entre les noms du cépage, du terroir, du vigneron ou de la coopérative. Mais bon, j'ai mangé une glace au Kindzmarauli, puis bu 2 verres de Mtsvane. Gaumardjos !

samedi 7 juillet 2018

Bain de foule et myrtilles à Kazbegi / Погружение в толпу и черники в Казбеги

Vue de la tente sur le Kazbek au petit matin

Ansambl Mdzlevari & Dito Kisishvili : "გერგეტის წმინდა სამება" (Gergetis Tsminda Sameba)

Bivouac juste au-dessus de l'église de Gergeti à l'aube

Kazbegi, bourgade rebaptisée Stepantsminda après l'indépendance de la Géorgie, est une station touristique où la plupart des taxis et marshrutkas font une halte.

Stepantsminda alias Kazbegi : boutiques de vins & souvenirs, marshrutkas, bistrots et touristes à gogo L'ambiance est très différente de celle de Vladikavkaz : il y a là une foule de touristes, des Russes, mais aussi beaucoup d'Européens de l'ouest et de l'est, des Israëliens, des Chinois,... Sur le parking des marshrutkas, a croisé des touristes occidentaux bien endoctrinés qui croyaient que la frontière avec la Russie était fermée. Faut dire à leur décharge que le site officiel du Ministère des Affaires Etrangères français affirme encore que la frontière est fermée (alors qu'elle est réouverte depuis 2012...), et qu'il classe en zone orange, "déconseillé sauf raison impérative", tout le Nord-Caucase russe où nous venons de passer d'agréables vacances. On a aussi bavardé avec randonneur médecin espagnol : il avait travaillé avec des ONG humanitaires dans divers points chauds d'ex URSS au moment de la guerre de Tchétchénie, sa vision était bien plus nuancée et intéressante.

Montée de Gergeti au bivouac avec vue sur le Kazbek

Lever de soleil sur l'église Tsminda Sameba de Gergeti On a fait une dernière petite randonnée au pied du Kazbek, en bivouaquant juste au-dessus du promontoire de l'église Tsminda Sameba de Gergeti, un best-seller des ventes de cartes postales en Géorgie.

Le lendemain matin, montée en direction d'un col au pied du Kazbek, paisible volcan de 5047 m endormi depuis 6000 ans.

Lever de soleil sur le Kazbek encapuchonné dans ses nuages. Ca doit souffler là-haut...

Randonneurs russes s'empiffrant de myrtilles (moi, j'ai fait pareil 50 m au-dessus) Il y avait plein de myrtilles planquées dans les talus un peu à l'écart du touristodrome.

Une fois de retour à Kazbegi, on n'a eu aucune peine à trouver un taxi partagé pour Tbilissi : les conducteurs attendent les clients sur la place du village et devant les terrasses des bistrots. Et les bistrots ont le wifi, on a pu en profiter pour réserver un hôtel dans le quartier Avlabari, bien situé et où il y a pas mal de petits hôtels de bon rapport qualité/prix.

dimanche 17 juin 2018

Aleksandr et le dzhondzholi / Владикавказ 5

La mosquée de Vladikavkaz, construite entre 1900 et 1908. Deux jeunes femmes ossètes sur un banc le long du Terek, près de la mosquée de Vladikavkaz Eglise orthodoxe dont j'ai oublié le nom, sur les hauteurs de Vladikavkaz Deux vieux ossètes trinquant à la vodka sur un banc le long du Terek, près de la mosquée de Vladikavkaz

Vous l'avez reconnu entre les 2 grands sapins (en fait des épicéas) ? Eh oui, c'est Lénine.

Magomed Dzybov : "Прощай Кавказ"

Lors de notre dernier passage à Vladikavkaz, on a brièvement visité la grande mosquée en chantier de rénovation, une église arménienne près de la voie de tram, une église orthodoxe perchée au-dessus de ruelles tranquilles, 2 boutiques de souvenirs qui se courent après, et, comme à chaque passage dans la ville, notre restaurant préféré, la tchaïkhana Lookoom, et son agréable terrasse le long de Prospekt Mira, la grande (et unique) rue piétonne où passe le tram.

Vladikavkaz, prospekt Mira. Au fond, la montagne Gora Stolovaya.

On n'a pas goûté toute la carte, mais on en a exploré une bonne partie, et ma foi c'était bien bon. Un des serveurs, Aleksandr, a tenu à s'occuper de nous encore une fois, pour pratiquer un peu son anglais. On pouvait se débrouiller en russe avec ses collègues, mais il y a tellement peu de touristes étrangers anglophones qu'Aleksandr voulait s'entraîner avec nous.

Dzhondzholi mariné La seule colle qu'on lui a posée, c'était de nous trouver le nom de la plante marinée qui accompagnait notre кучмачи (koutchmatchi), une délicieuse recette géorgienne avec, entre autres ingrédients identifiés, foie de volaille, oignon, ail, grenade et coriandre frais. On n'en saura pas plus que son nom local, le джонджоли (dzhondzholi) : les Russes lui ont conservé son nom géorgien. C'est une plante sauvage du Caucase dont le goût ressemble un peu au câpre. J'avais vu les Kurdes ramasser une plante apparemment similaire dans les montagnes du nord-ouest de l'Iran.

Quand on a expliqué à Aleksandr que ce serait notre dernier repas ici car nos vacances se terminaient, il nous a répondu que c'était aussi sa dernière soirée ici : Aleksandr est un jeune étudiant en job d'été, il va commencer ses études en informatique.

Vladikavkaz, capitale d'Ossétie du Nord - Alanie. Un balcon dans un quartier qui fut un jour cossu

Le lendemain, après avoir profité une dernière fois du copieux buffet petit-déj de l'hôtel, on n'a eu qu'à porter nos bagages sur la place de la gare toute proche pour trouver un taxi partagé entre les minibus pour Beslan, localité de l'aéroport de Vladikavkaz et siège d'une sanglante prise d'otage pendant la guerre de Tchétchénie, en 2004.

Vladikavkaz. Voiture-café au centre-ville

Un conducteur attendait justement 2 derniers passagers pour partir en direction de Tbilissi. Il a sanglé mon chariot-pulka sur sa galerie de toit, et en route. Le passage de frontière Russie / Géorgie a été bien plus rapide au retour.

Le taxi fait une pause entre Verkhniy Lars et Kazbegi. Face au parking, des colonnes de basalte.

mercredi 13 juin 2018

Svetlana et les champs de cumin / Светлана и поля тмина

Notre bref N+1ème passage à Vladikavkaz s'est terminé à l'Avtovokzal N°2, la vieille gare routière, avec un hall en état de décrépitude avancé. C'est de là que partent, entre autres, les marshrutkas pour la Tchétchénie et le Daghestan.

Kharisdzhin. La première maison de l'autre côté du Fiagdon est la datcha de Svetlana Dans notre marshrutka pour Verkhnyi Fiagdon, la passagère assise derrière nous engage la conversation. Apprenant qu'on envisageait de dormir dans notre tente alors qu'on allait arriver de nuit, elle nous invite à loger chez elle ( quelle excellente idée ! :-) ). On a donc passé la nuit chez Svetlana, dans le hameau de Kharisdzhin.

Alan Tsarikaev : "Девчонка осетинка"

Svetlana est une modeste retraitée. Elle passe l'été ici, à la datcha, et le printemps et l'automne à Vladikavkaz. Elle trouve l'hiver rude, et préfère alors séjourner chez sa fille en Angleterre. Elle a fait construire une annexe type Algeco à côté de sa petite maison pour accueillir sa famille russo-britannique quand ils lui rendent visite. Svetlana sur la terrasse de notre Algeco d'hôte Comme ils ne sont pas là en ce moment, nous logeons confortablement à leur place.

Au petit-déj, copieux, nous bavardons longuement avec Svetlana. Elle craint que les litiges territoriaux ou communautaires rallument un jour ou l'autre des conflits armés entre l'Ossétie et l'Ingouchie. Elle critique la mode des jeans troués aux genoux, non pas parce que ça ferait désordre, mais parce qu'elle trouve idiot d'augmenter le risque d'avoir des rhumatismes plus tard. Elle nous fait visiter son jardin et ses ruches, et nous offre une poignée d'abricots pour la route. Enfin, au moment où on repart en la remerciant pour son hospitalité, elle nous remercie tout simplement... de ne pas avoir eu peur de venir dans le Caucase.

Un ancien hameau abandonné dans le vallon du Fiagdon

La randonnée dans la haute vallée du Fiagdon était chouette.

Notre super-bivouac pris dans le brouillard...

On a trouvé un bivouac *** entre 2 postes de garde-frontière, tellement confortable qu'on y a passé 2 nuits.

On s'est levées plus tôt que la brume

Cueillette de cumin sauvage Que demander de plus : de la paille sous la tente, un ruisseau à 2 pas, un hangar avec une table et 2 bancs pour pique-niquer à l'abri de la pluie, et... du cumin à foison ! On n'avait qu'à se pencher pour en cueillir. On a savouré une salade tomate-concombre au cumin, une soupe au cumin, des nouilles au cumin, du pain-fromage au cumin, et même du cumin au cumin en marchant le long du chemin. Ca faisait passer le goût de l'eau minérale locale, prélevée à la source, pétillante et délicatement sulfurée, que des promeneurs russes nous ont offerte en passant.

Le même petit hameau abandonné, par beau temps au retour

C'est justement vers cette source qu'on est allées se promener, en longeant le Fiagdon puis le Bugultadon,

Bugultadon. Un torrent emprunte la piste, ou vice versa

à travers des alpages partiellement abandonnés où paissent des troupeaux de chevaux en liberté.

Vue de notre bivouac par beau temps.

jeudi 10 mai 2018

Camping *** à Tsey / Альплагер Цей

Alplager de Tsey Notre permis zone-frontière incomplet ne nous permettait pas d'aller randonner en amont de Stur-Digora dans le parc national d'Alanie. On a demandé à notre hôtel comment aller à Tsey. La réceptionniste nous a proposé un taxi à un prix correct. Notre chauffeur Zalim nous a proposé en route d'arranger un week-end chez des amis à Stur-Digora en fin de séjour, et nous a déposées à l' alplager de Tsey.

Oleg Taysaev & Gos-Ansambl Severnoy Osetii : "Иры зар"

Déco post-soviétique de l'alplager de Tsey On est arrivées à l'heure du dîner. Les touristes étrangers sont tellement rares à Tsey que le personnel nous a offert l'apéro et est venu trinquer avec nous. La cuisine était simple mais bonne. Ensuite, on a planté la tente de nuit sous un abri en bâche plastique : vu ce qui tombait, c'était bien pratique.

La station de ski de Tsey, dans le vallon du Skazdon

Le lendemain matin, petit promenade dans le vallon du glacier Skazdon. La montée sur le fil de l'arête de la moraine était chouette, mais ensuite le brouillard nous a efficacement dissuadées d'aller voir plus loin. Non, ce n'est pas un canon à neige. La frontière avec la Géorgie et l'Ossétie du sud n'est qu'à environ 7 km

A la redescente, surprise : les 2 télésièges de la station de ski ne sont pas abandonnés. On croise quelques touristes russes qui font l'aller-retour jusqu'au glacier. Pour terminer cette journée un peu terne, enchaînement banya + petite mousse + apéro + repas -> excellente nuit.

Tseyadon juste en amont de l'alplager de Tsey.

Sanctuaire abandonné dans la forêt près de Tsey Le lendemain, magnifique éclaircie. On visite un sanctuaire païen un peu perdu dans la forêt, et on remonte le vallon glaciaire du Tseyadon, d'abord par un sentier écologique qui nous instruit sur la géologie, le climat et la flore du secteur, puis sur de gros amas de blocs charriés par une précédente crue.

Vue sur le glacier Tseyskiy depuis le point où le sentier a été détruit par les torrents en crue

Tseyadon. 6 km en aval du glacier, le courant est déjà fort Comme dans la vallée du Tcherek, on remarque que les glaciers du Caucase donnent naissance à des torrents qui deviennent rapidement imposants.

Lors du retour suivant à Vladikavkaz, on repasse par Mizur, un bled sinistré depuis qu'une partie des mines ont fermé, encaissé dans les gorges de l'Ardon (pour eux qui connaissent la vallée de la Romanche, c'est plus moche que Rioupéroux, Livet et Gavet réunis).

mercredi 7 mars 2018

Vladikavkaz et son tramway / Владикавказ 3 : трамвай

Maya Bolotaeva : "Я Осетии дочь"

Prospect Mira, la grande rue piétonne de Vladikavkaz. Ancrages des câbles du réseau électrique et du tram.

On a repassé une journée complète à Vladikavkaz, pour relaxer mes épaules, contacter l'agence et éclaircir nos problèmes de pogranitchnikh propuskov : pas de bol, notre permis ossète était, comme le permis kabardino-balkar, limité à 2 districts :-( . Exit donc la visite du parc national de Stur-Digora... On se contentera de faire une rando du côté de Tsey et une vers Verkhniy Fiagdon.

Vladikavkaz, ulitsa Gappo Baeva

Vladikavkaz. Un tramway arrive à la station OZATE En attendant, je vous propose une petite visite du tram de Vladikavkaz, que nous avons souvent utilisé pour nous déplacer car la ville est étalée en longueur le long du Terek, et quand on trimballait mon chariot-pulka, c'était le mode de transport le plus pratique. Il fallait s'y mettre à 2 pour monter les marches, mais une fois dans le tram, on pouvait ranger le chariot entier entre les rangées de sièges sans gêner le passage.

Plan du réseau de tram de Vladikavkaz. Interro la semaine prochaine Le tram de Vladikavkaz a été inauguré en 1904, avant même l'ère des Soviets. Il a été municipalisé en 1918, et partiellement détruit par des bombardements en 1942 pendant la bataille du Caucase. Une partie des rails restants avaient été déplacés pour réparer une voie ferrée stratégique. Il a été reconstruit entre 1945 et 1950, puis développé.

Zoom sur un détail du plan du réseau de tram de Vladikavkaz Le réseau comporte maintenant 10 lignes, et son plan est assez déroutant. Ce n'est pas un quadrillage "maillé" , ni un réseau "en étoile". Ce serait plutôt le genre pieuvre, voire plat de spaghettis.

Vous pouvez remarquer sur le plan une grande boucle centrale intégralement parcourue par les 10 lignes, 5 la parcourant dans le sens des aiguilles d'une montre, 5 en sens inverse, sans corrélation entre numéro de ligne et sens de parcours.

Sur cette grande boucle, qui fait jusqu'à 1 km de large, se greffent plusieurs branches, dont certaines sont elles-mêmes en boucle, parcourue par 2 lignes en sens inverse l'une de l'autre. Jusque dans les détails, on perçoit la main de l'artiste : voyez plutôt ce plan du terminus partiel (lignes 2 et 10) sur les lignes 5 et 9.

Original, non ? Enfin, faut pas être daltonien pour pouvoir utiliser un tel plan... Pour corser encore la chose sur le terrain, certains arrêts ne sont signalés que par de petites plaques à moitié rouillées accrochées aux câbles ou à un caténaire.

Vladikavkaz, prospekt Mira. Cette pancarte est une station de tram...

Le seul gros avantage, c'est que notre hôtel était sur la boucle centrale, donc quel que soit le tram dans lequel on montait, on repassait forcément devant notre hôtel, éventuellement après avoir fait tout le tour de la ville dans les grandes longueurs... Vladikakvkaz. Poste de pilotage d'un tram. Un jour, quand on a demandé à 3 passants assis sur un banc le long des rails quel tram prendre pour rentrer vers la gare, ils nous ont répondu aimablement "N'importe lequel. Mais si vous êtes pressées, prenez le 4 ici ou le 8 là. Si vous voulez visiter le centre-ville au passage, prenez le 1 ici ou le 7 de l'autre côté." Si vous regardez attentivement le plan avec sa grande boucle, vous remarquerez en effet que le nombre de stations est très différent sur les 2 moitiés de la boucle (9 côté ouest, 16 côté est).

Le concept est amusant et finalement assez sympa pour le tourisme. Un peu moins pratique au quotidien ou si on est chargé : pour limiter l'attente, il faut parfois se poster à mi-chemin entre 2 arrêts "opposés" — souvent décalés — et courir prendre le premier tram qui passe à l'un ou l'autre arrêt.

Vente de tickets en rouleaux à bord d'un trolleybus de Novossibirsk La cabine du conducteur (ou, souvent, une conductrice) est ouverte, puisque c'est là qu'on achète les tickets. Comme dans pas mal d'autres villes russes, les tickets sont produits en rouleaux qui sont ensuite attachés dans la cabine, ou directement en collier ou à la ceinture par les agents chargés de les vendre.

Arrêt technique : la conductrice du tram enfile le gilet fluo réglementaire pour aller acheter son casse-croûte

Le conducteur peut faire des arrêts-minute en-dehors des stations : il enfile son gilet fluo avant de descendre acheter son pain ou un petit casse-croûte.

Le conducteur doit aussi enfiler son gilet quand il sort dépanner son tram ou son trolleybus. Je vous ressors une photo d'archive montrant une conductrice avec son seyant gilet fluo réglementaire, de sortie sur le toit de son trolleybus.

Conductrice dépannant son trolleybus à Petrozavodsk

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