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jeudi 12 septembre 2019

Charyn - la route des châteaux / Чарын - долина замоков

Gaukhartas : "Казагым-ай"

Au pied du col Alasa, on peut bifurquer vers l'est sur un bout de route toute neuve qui se transforme en piste après une dizaine de km.

Entrée du parc national du Canyon de Charyn. Mon ticket d'entrée est à 752 KZT, un peu moins de 2€

Elle mène à un des sites naturels classés du Kazakhstan : le parc national du canyon de Charyn. Contrairement à la steppe plutôt aride qui l'entoure de toutes parts, ce canyon n'est pas très étendu, mais il est très photogénique.

Soldat kazakh en tenue de camouflage. Il y avait des exercices de tirs à environ 20 km en amont

Après le poste de garde où on paie un ticket d'entrée, on tombe sur une enfilade de 2 ou 3 parkings avec vue sur le canyon ; des camping-car 4x4 de touristes y sont postés, ainsi qu'un marchand ambulant de boissons fraîches.

Nous étions au bord du gouffre, mais depuis, nous avons fait un grand pas en avant

Ensuite, à pied ou à vélo, on peut descendre jusqu'à la rivière Charyn, en passant par la "Vallée des châteaux".

Un des accès à la vallée des Châteaux

Le tronçon amont de la piste est VRAIMENT raide... Le tronçon raide en début de descente est impressionnant, surtout quand on pense qu'il va falloir le remonter, ou plutôt, qu'il va falloir remonter le tricycle et les sacoches au retour...

Mais assez vite, la pente s'adoucit et la piste serpente entre des blocs et des colonnes rocheuses sculptées par l'érosion. Magnifique avec l'éclairage de fin d'après-midi, et pas mal aussi en début de matinée.

Même sans filtre polarisant (perdu dans les Tian-Shan...), en fin d'après-midi c'est chouette !

C'est un vrai festival, et admirer tout ça en se laissant glisser sur une chaise longue, c'est magique ! OK, la piste est un peu ensablée et il faudra pousser au retour, mais peu importe...

Après le tronçon raide, ça devient très agréable de rouler vers l'aval de la vallée des châteaux

Et tout en bas, on trouve des arbres, une aire aménagée avec quelques bungalows et yourtes de location, un café-restaurant, des emplacements pour quelques tentes, et même une mini-plage.

La mini-plage à 2 pas du camping, au fond du canyon de Charyn

C'est tellement chouette que j'y ai passé quasiment 2 jours, en compagnie de Géraldine et Erwan, et Aurélie-Anne et Daniel, respectivement cyclo- ou pédi-voyageurs belges et canadiens.

Ca fait du bien de se rafraîchir dans le lit de la rivière Charyn

Je me suis baignée, et j'ai remonté mes grosses sacoches un jour, en profitant d'un tronçon desservi par une navette-taxi Lada Niva 4x4,

Canyon de Charyn. Navette-taxi Lada 4x4 et touristes dans la vallée des Chateaux

puis mon trike le lendemain, après une nuit tranquille dans un des petits bungalows. Tout remonter en une fois, ça aurait été rude...

En passant à pied, on peut plus facilement explorer les recoins de la vallée

J'ai récupéré mes sacoches à la cahute des gardiens, et en route pour Zharkent. En effet, après avoir bavardé avec 2 familles uygures rencontrées par hasard dans le canyon, j'ai décidé de changer d'itinéraire.

Bloc sculpté et bousculé par l'érosion. Combien de temps tiendra-t-il encore ???

Au lieu de revenir à Almaty par la petite route de montagne entre le lac Bartogay et la plateau d'Assy, un peu au nord de la frontière kyrgyze, je reviendrai en faisant une boucle par Chundzha, Zharkent, le parc national Altyn Emel et le lac de barrage de Kapchagay. Un peu à cause des prévisions météo (grosses averses prévues en montagne), et un peu pour découvrir ces Uygurs dont je ne connaissais pas grand chose.

mercredi 21 août 2019

Jour de fête / Праздничный день

Troupeau de chevaux dans la steppe entre Kegen et Karkara

Kerwan : "Қара жорға"

Dès mon retour au Kazakhstan, j'ai pu remarquer, comme à l'aller, quelques différences entre les 2 pays riverains. Ici, moins de touristes, herbe un peu moins verte, mais malgré cela niveau de vie plus élevé : moins de vieilles Lada et plus de voitures japonaises, plus de WC à l'occidentale et de mitigeurs dans les douches, agriculture plus mécanisée, troupeaux de chevaux plus gros, bankomats même dans de petites villes...

Cimetière d' Ak-Say dans la steppe kazakhe entre les cols Kegen et Alasa

Le fait que les touristes soient nettement plus dilués au Kazakhstan est plutôt agréable : les gens du coin m'abordent par curiosité plus que pour vendre un service ou un gîte ; on me demande souvent si mon tricycle a une assistance électrique, alors que les Kyrgyzes me demandaient d'abord combien ça coûte.

Départ du bivouac 3* au bord de la rivière Charyn

Des automobilistes m'ont même à 2 ou 3 reprises offert du ravitaillement en cours de route : fruits, biscuits, ou même une boîte de petits chocolats à la marmelad que j'ai préféré abandonner dans le frigo du gîte suivant, j'avoue...

Descente sur la rivière Charyn en amont du canyon

Et puis, j'abordais 2 étapes faciles, avec, enfin, nettement plus de descente que de montée.

Vue du col de Kegen, versant nord

Au sommet du premier col, un gars me fait signe et m'appelle : il me propose une pause-thé. Ça tombe bien, j'ai soif ; et puis, un thé en Asie centrale, ça ne se refuse pas. Et là, surprise, en guise de thé, c'est un repas complet qui m'attend : beshbarmak (spécialité à base de viande de mouton et de patates, dont le nom indique qu'on a le droit de manger avec les doigts), salade, beignets, fruits, thé, kumyz (le fameux lait de jument fermenté), vodka...

Repas de fête au col Kegen

J'ai invoqué le régime imposé par ma récente gastro pour limiter la quantité de choses à ingurgiter. J'ai échappé à la vodka, mais pas au gras de mouton : "avec du kumyz, ça passe tout seul" , m'a expliqué ma voisine de table en m'en resservant un verre... Bon, le mouton et le kumyz étaient tous deux bien frais, c'est passé.

Après le repas, on danse !

Après j'ai dû porter un toast (en russe), j'ai remercié cette grande famille pour son hospitalité. On m'avait expliqué, pendant que je dégustais mon beshbarmak, que ce repas faisait partie des préparatifs d'un mariage.

Le musicien du mariage kazakh était kyrgyze

La famille du futur marié, sans lui, allait chercher la future mariée dans sa famille à Kegen, pour la ramener à Almaty où le mariage serait célébré dans une dizaine de jours. Mes hôtes ont ensuite dansé un peu au son de l'accordéoniste-chanteur et on est repartis chacun dans notre direction.

Descente du col de Kegen. Au fond, la steppe entre les cols Alasa et Kegen.

J'ai ensuite eu un peu de mal dans la remontée du col Alasa, mais les 2 descentes de cols et le grand faux-plat descendant sur un tronçon de route toute neuve et lisse jusqu'au parc national du canyon de Charyn étaient super.

Steppe de plus en plus rapée, mais ici ça roule tout seul !

J'ai même parrcouru avec plaisir un tronçon de steppe pelé où les aigles ne volaient près de moi que quand l'appareil photo était éteint au fond de sa sacoche.

Un aigle posé au bord de la route quelques mètres devant moi

jeudi 15 août 2019

Un petit saut au Kyrgyzstan / Небольшой прыжок в Кыргызстан

Steppe dans la région frontalière Kazakhstan / Kyrgyzstan. Elevage de chevaux, vaches, moutons, et abeilles

Kudaibergen ansambl : "Конил кұй"

Je savais avant de partir (et la charmante hôtesse au comptoir Turkish Airlines de Cointrin le savait aussi) que sans visa, je n'avais pas le droit de rester plus de 30 jours consécutifs au Kazakhstan, alors que je suis partie pour 33 jours. J'avais décidé de faire un petit détour au Kyrgyzstan voisin pour réinitialiser mon compteur des 30 jours : on peut aussi entrer au Kyrgyzstan sans visa pour les séjours < 30 jours, la frontière n'est qu'à 30 km de Kegen, et le lac Yssyk Kul à 120 km, avec au passage un col à + de 2000, facile vu que Kegen est déjà à presque 1800m.

Abords du col de San-Tash. C'est plus vert qu'au Kazakhstan

A l'aller, j'ai passé la frontière en heure creuse, vite fait. Le plus long était d'attendre que les policiers kazakhs puis kyrgyzes essaient mon vélo à 3 roues en se photographiant les uns les autres (moi, j'avais pas le droit de prendre de photos). Au retour, y avait un peu de queue, à cause des Kazakhs qui rentrent de leur week-end au lac, mais le tricycle a été autorisé à dépasser les voitures donc je n'ai pas trop attendu.

Poste frontière de Karkara

Le reste du détour m'a pris un peu plus longtemps que prévu, à cause de quelques dizaines de kilomètres de pistes pas très roulantes (en passant, j'en profite pour rendre grâce à la suspension du trike AZUB Ti-Fly, elle amortit bien), et d'une petite tourista vraisemblablement causée par de la mayonez qui avait pris un coup de chaud. Mais cette semaine au Kyrgyzstan était bien agréable.

Aigles-volants synthétiques au-dessus d'une plage kyrgyze

Les Kyrgyzes sont culturellement et linguistiquement très proches des Kazakhs, mais leur pays est tout petit, ce qui permet, contrairement au Kazakhstan, d'avoir une multitude de paysages variés sur de courtes distances. Le Kyrgyzstan est donc, logiquement, devenu nettement plus touristique. Et comme il n'a, contrairement au Kazakhstan, pas d'énormes ressources minières et pétrolières, eh bien on y exploite les touristes, mais ça reste raisonnable pour un touriste de la zone euro. Ainsi à Karakol, point de passage de hordes de touristes, j'ai créché pour 1500 sums (20€/nuit) chez Svetlana, qui tient un gîte propret et très confortable : chambres impeccables avec douche à l'italienne, couette en duvet, p'tit-déj copieux et savoureux, et seulement 500 sums le supplément banya avec thé inclus (il y a bien moins cher, dans les "hostels" avec WC et douche communs)

Cimetière de Boz-Beshik. Au fond, chaîne des Terskey Ala Tau

Et puis, il suffit de sortir un peu des itinéraires touristiques classiques pour trouver des coins calmes ou fréquentés quasi exclusivement par des gens du coin. J'ai ainsi pris un.premier bain très tranquille sur la datchniy plyazh, la plage du coin des datchas à Mikaïlovka. Piotr, un retraité russe veuf depuis 2 ans, m'a tenu compagnie et m'a conseillé une autre petite plage à l'eau plus claire, un peu plus loin entre 2 vergers.

La plage des datchas â Mikhaïlovka

Ensuite, je suis tombée un peu par hasard, en suivant les indications de 2 villageois de Ak-Döbö, sur une plage très animée par les nombreuses familles kyrgyzes en week-end.

Plage fortement fréquentée par les locaux le week-end, environ 35km à l'ouest de Karakol

J'ai assisté à une fête célébrant les premiers pas de la petite dernière d'Adilet. A cette occasion, on entrave symboliquement les pieds du bambin avec un double fil de laine noire et blanche,

La petite dernière d'Adilet dont on fête les premiers pas, et à sa gauche, le gros lot de la journée : un mouton

et au moment de couper ce fil à la patte, les invités et autres passants participent à une course dont le bambin est la ligne d'arrivée, et dotée de divers lots, selon la catégorie de coureurs :

La course, catégorie Dames, avec des plats et divers ustensiles de cuisine à gagner

petits garçons, petites filles, hommes, et femmes.

La course pour le mouton à l'occasion de la fête des premiers pas de la fille d'Adilet

Le gros lot, pour l'homme le plus rapide, était rien moins qu'un mouton encore vivant, destiné à devenir assez rapidement kurdak, beshbarmak et autres shashliks.

Le gagnant de la course repart avec le gros lot : un délicieux mouton

Dès la fin de cette festivité, mon tricycle est naturellement devenu la principale attraction de la plage.

Et c'est parti pour une longue séance d'essais de tricycle et/ou de photos sur la chaise longue à pédales

J'avais pas le temps de souffler. Fallait que je donne quelques consignes : non, on ne tire pas le velosiped par les gaines de frein, on ne le pousse pas par les garde-boue, on ne monte pas à plus de 2 à la fois sur le siège, et le porte-bagages est réservé aux enfants de moins de 30 kilos, etc. Parfois on me demandait d'arbitrer sur qui ferait le tour suivant.

Trop petit pour atteindre les pédales ? Ce n'est pas un problème !

Elim, un brave gamin désireux lui aussi de piloter l'engin, est même venu timidement me demander si c'était gratuit. Ca faisait plaisir de voir sa mine réjouie au guidon de ma chaise longue à pédales. Par contre, les yourtes sur la plage n'étaient pas du tout gratuites, et si j'avais discuté le tarif avant d'y passer la nuit, je crois bien que j'aurais plutôt planté ma tente...

Yourte payante au prix d'un hôtel chic

Pour me remettre de cette trépidante journée, je suis allée me reposer au pansionat Marko Polo, une quinzaine de km plus à l'ouest.

Plage privée du pansionat Marko Polo, près de Boz-Beshik

Là, ce n'est pas le même public. Ma chambre avec balcon au pansionat Marko Polo. Admirez particulièrement la découpe de la moquette au niveau du seuil du balcon. En gros, c'est une résidence de luxe ex-soviétique rénovée, avec un parc verdoyant et une plage privée équipée de chaises longues sans pédales mais avec parasols, et avec un banya au bout d'un ponton en bois, pour pouvoir sauter directement du sauna dans le lac.

J'y ai passé 3 jours pour profiter du lac, et pour digérer la mayonnaise daubée du premier repas en pension complète...

Plage du pansionat Marko Polo vue depuis le quai du banya

Après cet intermède balnéaire, j'ai pris le chemin du retour, partiellement en taxi pour ne pas passer trop de temps sur la tôle ondulée entre Sary-Tölögöy et Karkara. Bye bye Kyrgyzstan. Oydon, mon chauffeur de Karakol à Karkyra Le chauffeur Oydon était intéressant, ancien apparatchik communiste, cultivé, plein d'entrain et d'humour, et plutôt content de pouvoir causer à un touriste occidental qui parlait russe. Quand je lui ai expliqué que j'avais un vélo aussi spécial à cause d'un accident qui m'avait laissé quelques séquelles évaluées à 10% d'invalidité, il m'a répondu qu'il mériterait lui aussi au moins 10% d'invalidité vu qu'il avait 10 ans de plus que moi... Et il a continué à chanter.

samedi 3 août 2019

Intermodalité dans les Tian Shan / Интермодальность в горах Тянь-Шань

Les montagnes, c'est tau en kazakh ou en kyrgyz, et shan en chinois ; mais ici comme au Kyrgyzstan, le massif des Tian Shan porte ce nom chinois qui signifie montagnes célestes.

Camp de base Mramornaya stena. Pic Bayanköl (ou un de ses voisins)

Kerwan : "Örüldük biz her yana"

Un des buts de mon voyage est de voir la face nord du Khan Tengri. Elle est difficile d'accès depuis le Kazakhstan : pour aller au camp de base nord, il faut soit franchir un col glaciaire bien raide (totalement exclus dans mon état) à + de 5000m, soit passer par le Kyrgyzstan en hélico pour remonter la vallée du glacier Enylchek. Je ne pourrai donc pas voir la face nord d'aussi près que la face sud en 2013. Je m'en contenterai.

Mon itinéraire consiste à remonter la vallée de Bayanköl, en direction du point triple Kazakhstan / Chine / Kyrgyzstan. Pour cela, un permis zone frontière est évidemment requis. J'ai donc fait appel à une agence d'Almaty qui m'a proposé de me joindre à un petit groupe qui avait justement prévu d'aller au Kitaïski pereval (en russe, le col chinois, 3980m) et au pic Astana (4550m), depuis le camp de base Mramornaya stena, appelation due à la belle paroi de marbre en face nord du pic portant ce nom (6400m).

Mramornaya stena, le mur de marbre (6400m) vu de son.camp de base

Première partie du trajet : en trike jusqu'à Kegen, par le col du même nom. Deux cols, à environ 1400m puis 1900m, permettent de passer de la steppe à 700m à une steppe à 1700m, un peu moins sèche et moins chaude.

Un arrêt d'autobus typique dans la steppe kazakhe

On franchit en passant un creux qu'il faut immédiatement remonter : l'extrémité amont du canyon de Charyn, au fond duquel on trouve quelques super coins de bivouac ****. Même si j'ai dû partager mon coin avec Zoïa et Petya, un sympathique couple de retraités russes d'Almaty, c'était super tranquille. Zoïa et Petya n'ont pas eu de chance : contrairement à leur précédent bivouac ici, ils n'ont pas attrapé de truite, et surtout leur matelas pneumatique fuyait...

Bivouac **** dans le canyon de la rivière Charyn

Juste avant le bivouac suivant, 350m sous le col Kegen, j'ai croisé un minibus de randonneurs kazakhs qui revenaient enthousiastes de Bayanköl. Ils m'ont offert une bonne rasade de kumyz (lait de jument fermenté) et j'ai eu droit à une N-ième séance de photos avec le tricycle.

Petite pause au col Kegen. Je vais boire un thé pendant que Sharbat et ses amis essaient le trike

A Kegen, je m'attendais à trouver l'unique petit hôtel presque vide, mais non : c'est une étape pratique pour les voyageurs qui font une traversée ou une boucle entre Kazakhstan et Kyrgyzstan (dont plusieurs cyclistes en partance ou en provenance de la route du Pamir). J'ai donc dû faire un peu la queue à l'unique douche, mais bon, c'était propre et l'eau chaude était bien chaude ; presque trop , vu que le mitigeur à la russe passait de glacé à brûlant en une petite fraction de quart de tour..

Ma chambre à l'hôtel Kegen. La patronne a tenu à rentrer le trike dans le hall d'entrée

Le lendemain, mon guide Anna et sa petite équipe, partis le matin même d'Almaty, passent me prendre. J'ai donc fait le trajet Kegen - Bayanköl - Zharkulak dans un gros 4×4 Toyota que Sergey conduisait à vive allure sur une route ondulée puis carrément défoncée, en écoutant des chants cosaques en version hard-rock. Impossible de viser et prendre des photos en route, ça secouait trop.

Narynköl. Steppe au pied des Tian Shan.

On a dû s'arrêter plus de 1 h en route pour des formalités liées aux permis zone frontière, à Narynköl puis au poste de contrôle de Bayanköl.

Poste de contrôle de la zone frontière de Bayanköl

La zone frontière est délimitée par des kilomètres de clôture barbelée, et admirez le soin du détail : on peut y voir quelques épouvantails en uniforme de garde-frontière disséminés dans les champs ou sur des miradors, en plus des vraies patrouilles.

Vallée de Bayanköl en amont du poste de contrôle des pogranitchnii

Au détour d'un virage sur la piste, la voiture d'Anna stoppe : il est là !

On le verra mieux au téléobjectif : au fond, le Khan Tengri, face nord.

Pause photo, le Khan Tengri dépasse tout le reste à l'horizon. On ne le reverra plus ensuite...

Zoom sur le Khan Tengri. Il n'est visible que depuis un très court tronçon de la vallée de Bayanköl

Au bout de la piste à Zharkulak, Serdzhan nous attend avec 2 chevaux. Ce sont ces braves bêtes qui vont porter nos sacs à dos, et les gros sacs isothermes de viande que la guide devait livrer pour alimenter le camp de base.

Bout de la piste et début du chemin à Zharkulak

Et nous, on part à pied. Aydar portait un petit sac à dos complet de matériel photo-vidéo Il ne faudra pas longtemps pour que la guide Anna remarque que je suis plus lente que le reste du groupe. Le contraire aurait été étonnant : Anna, Dilia et Laura sont 3 triathlètes qui courent aussi le marathon, et le photographe Aydar est un trapu tout en muscles. Et comme on démarre tard, pour éviter de devoir monter un grand tronçon de nuit, la solution s'impose : les sportifs marcheront vite (20 km et 500m de dénivelé en guère plus de 2h), et moi je vais rejoindre les sacs sur le second cheval.

Montée au camp de base, vue de mon cheval

J'étais moyennement rassurée par cette proposition, vu que je n'ai jamais fait de cheval, mais j'ai rapidement constaté que c'était sans risque. Déjà, chargés comme ils étaient, les chevaux n'avaient aucune envie de faire des embardées ; et en plus ils étaient encordés, c'est donc Serdzhan et le premier cheval qui conduisaient. Du coup, j'ai trouvé la montée bien agréable, surtout le tronçon oû le chemin serpente entre de petits buissons épineux : les plantes m'arrivaient à peine au mollet. Il fallait juste que je sois attentive pour ne pas perdre l'équilibre quand le cheval franchissait des marches, ou s'encoublait dans la corde reliant les 2 chevaux. Mais on s'y fait vite. Et presque sans effort, je suis arrivée 1/2 h avant les triathlètes marathoniens, qui, comme prévu, ont fini à la frontale.

Arrivée au camp de base Mramornaya stena

Le lendemain et le surlendemain, par contre, j'ai marché. Les 2 guides Anna et Dima (on a rejoint un autre groupe de la même agence) avaient prévu une rando d'échauffement au Kitaïski pereval. On s'est arrětés au pied de l'éboulis terminal, à environ 100m de la frontière chinoise.

Arrivée sous le Kitaïski pereval

Quand j'ai suggéré que ce serait chouette d'aller se promener en Chine sans visa, un des Russes du groupe m'a répondu ironiquement "Oui, oui, tu peux, mais seulement une fois"...

Arrivée et pause sous le Kitaïski pereval

Et le surlendemain, après de longues palabres, redescente, car les prévisions météo étaient pourries pour les 5 prochains jours : pluie (on a déja eu une grosse averse le 2ème soir) puis neige y compris au camp de base...

Enfin, après la redescente à pied, retour à Kegen entassés à 5 dans le moins gros 4x4 Nissan d'Anna, avec des bagages plein le coffre et sous, entre et sur nos jambes (on rapatriait des tentes du camp de base en plus des 5 sacs à dos, et le gros 4x4 de Sergey n'était plus là).

dimanche 28 juillet 2019

Au pays des aigles / В странe беркутов

Je vous donnerai un aperçu d'Almaty quand j'y reviendrai, après ma virée dans la steppe et la montagne.

Juan, cyclo-voyageur argentin dans la pampa kazakhe

Asylbek Ensepov : "Великая степь "

J'ai consacré mes 2 premières journés à la récup de sommeil + décalage horaire et aux préparatifs : remontage du trike sous les regards intrigués et amusés d'Aydar (un biznesman de Karaganda en voyage d'affaires) et de la réceptionniste, dépose du sac à dos que je retrouverai avec mon guide à Kegen, premier contact avec la gastronomie locale dans un restau kazakho-russo-coréen (émincé de cheval au wok, pas mal du tout), et enfin relaxation au banya de l'hôtel.

Avant l'effort, le réconfort. Sauna de l' hôtel Resident à Almaty

Pour mon départ, la réceptionniste Venera m'a judicieusement conseillé d'aller à l' avtovokzal Sayakhat plutôt que d'appeler un taxi. Ce n'est pas la principale gare routière d'Almaty mais je n'ai eu aucune peine à trouver un taxi à grand coffre pour un prix correct (le tarif varie de 20 à 30 € les 100 km, selon le véhicule, le chauffeur, et les chances qu'il trouve des passagers pour le trajet retour). En chemin il a fait le plein de GPL (70 KZT soit moins de 20 centimes le litre...) et une pause au dernier bazar avant la steppe.

Parking dans la steppe kazakhe. Pont pour vidanger le moteur et WC sans eau.

Premières impressions de cycliste sur la route : le Kazakhstan, c'est grand ! Ce qui apparaissait comme une simple vallée sur ma carte du pays est une large steppe avec quelques montagnes à l'horizon de part et d'autre.

Steppe au sud-est d' Almaty. Les montagnes visibles à l'horizon appartiennent aux diverses chaînes des Ala Tau.

Pendant ma première demi-journée de pédalage, aucun risque de surmenage des poignets : en moyenne un virage tous les 5 km.

Vue de ma chaise longue

Par contre, avec mon enclume à 3 roues et son chargement, je sens vite que la steppe du sud-est du Kazakhstan n'est pas parfaitement plate : les faux-plats successifs font efficacement baisser ma vitesse moyenne.

Steppe kazakhe, variante faux-plat montant avec vent de face. Au fond, le premier village sur la route depuis 50 km.

Un des 2 aigles qui survolaient mon bivouac *** en amont du canyon de Charyn J'ai donc tout mon temps pour admirer le vol des aigles, en position semi-allongée sur le trike c'est confortable. J'en ai vu un qui s'entraînait ou s'amusait à enchaîner les phases finales de piqué, pattes et griffes tendues en avant puis remontée immédiate : impressionnant mais difficile à photographier ! L'autre aigle qui survolait mon bivouac *** en amont du canyon de Charyn

Petite remarque pour les russophones : les aigles que j'ai vus étaient presque tous des aigles royaux, dont le nom russe berkut est d'origine kazakh.

Au prochain épisode, j'arrive dans les montagnes (le blog est déjà en retard sur moi, je profite de mes vacances!). Et je complèterai en photos plus tard : en voici quelques-unes.

Zoom sur les aigles 1 à 3 de l'escadron de 6. Parc national Altyn-Emel