Plaisirs de la navigation / Удовольствия плавания

En faisant tranquillement le tour de l'île d'Olkhon, je n'ai pas eu le temps de me lasser de la navigation à vélo sur les flots.

Passage entre 2 belles plaques lisses

La glace prend des formes variées selon l'historique des gels/dégels, les chutes de neige et le vent, et les contraintes mécaniques entre plaques et failles.

Aleksa, Irina Dubtsova, Xenia Larina : "Контрасты" (Igor Krutoï)

Glace avec petites inclusions de neige

Le plaisir suprême, c'est de rouler sur de grandes plaques lisses, avec ou sans inclusions de neige ou d'autres petites plaques moins translucides dessous, et... avec vent de dos. J'en ai eu, mais il m'a bien semblé que c'était pendant moins que la moitié du temps.

Cyclo qui souffle quand le vent de face se calme

On peut aussi rouler facilement sur des plaques juste légèrement ondulées, c'est très joli ces petites vagues solides.

Près du cap Koboy, nord d'Olkhon. Embruns et neige glacés. Et puis, bien sûr, il y a des zones nettement moins roulantes, mais si on se débrouille bien, on arrive à en réduire la proportion à un niveau tout-à-fait acceptable.

On rencontre généralement une zone de toross en partant du rivage, là où les vagues fracassaient les premières plaques de glace au début de l'hiver.

Mais là où les eaux n'étaient pas trop turbulentes, cela peut se réduire à un champ de tuiles blanches, plus ou moins cassantes ou lissées, où on arrive à slalomer si on a l'habitude des chemins un peu "techniques" à VTT.

Arrivée à Uzuri

Parfois, pas possible de passer à vélo, il faut longer la barrière jusqu'à ce qu'on trouve un point faible où les tas de toross ne sont pas trop hauts. Et là, finalement, ce n'est pas plus difficile qu'à pied parce qu'on peut utiliser le vélo comme point d'appui.

Une faille sur le Baïkal. Jour blanc, glace bleue

On apprend vite à progresser par petits pas, en avançant successivement un pied, le vélo, l'autre pied et ainsi de suite.

Première faille au sud de Khujir

On trouve aussi des bandes de toross plus étroites au niveau des failles. En effet, l'eau se dilate en gelant. Les plaques de glace occupant plus de place que l'eau, le surplus est obligé de se caser où il peut, en morceaux plus ou moins épais selon les plaques.

De l'autre côté de la faille.  Et d'une...

Là, faut faire un peu gaffe, surtout si il y a eu un début de dégel de surface la veille. J'ai entière confiance dans les lois de la thermodynamique : la glace, même au niveau des failles, était encore assez épaisse et solide. Mais l'eau affleure à la surface libre au niveau des failles, et on court le risque de prendre un bain de pieds (mes super-bottes ne sont pas étanches), voire plus si on se vautre là où il ne faut pas, comme ça peut arriver dans les ruisseaux glaciaires en été. Sauf que là, faut pas trop compter sécher au soleil si on se mouille...

Un vélo est passé par là Donc j'ai fait bien attention : d'abord viser les passages plus étroits, ensuite y aller dou-ce-ment, en sondant les espaces plats entre toross avec la roue avant, ou au besoin, quand la faille est plus large, en jetant un pavé de glace pour voir si ça sonne creux ou pas avant d'y mettre les pieds. Et tout s'est bien passé, je n'ai pas eu besoin de mes chaussettes de rechange + surchaussettes étanches, rangées au sommet d'une sacoche au cas où j'aurais trempé le feutre de mes bottes.

En fait, on s'habitue vite à passer les failles sans stresser (mais toujours dou-ce-ment, hein) et du coup, à faire de petits détours, y compris à travers des failles, pour avoir le plaisir de rouler sur les plus belles plaques lisses.

Piste cyclable étroite !

D'ailleurs, j'ai vu un autre truc rigolo : les zones de raccordement entre plaques de début d'hiver forment parfois de petits canaux plus lisses que les plaques adjacentes : de véritables petites pistes cyclables permettent alors de passer entre 2 zones lisses.

Petit parking non glissant

Derniers détails qu'on apprend très vite : si on veut faire une petite pause, il faut viser les petites plaques de neige restantes. Parce que la glace, ça glisse vraiment. Attention, il y a parfois des pièges : de petites plaques d'une chute de neige plus ancienne recouverte de glace transparente. Amusant... Mais on finit par les reconnaître avant de déraper dessus en descendant du vélo. Dernier détail à surveiller : même dans les zones lisses, on rencontre des soudures entre anciennes plaques qui forment de petits rails. C'est comme les rails de tram en ville, faut les franchir à peu près à angle droit.

Toross taille L au large du cap Burkhan

Bref, en résumé, c'était extra !

Annexes

Commentaires

1. Le 22 mar. 2016, 18h37 par Ton frérot

Salut frangine, un joli délire de plus !
Bravo et merci pour les superbes photos que tu arrives à nous envoyer. Toute la famille suit le blog quotidiennement.
Bonne continuation. Bises.

— zdrastvouïtié ! Ben comme tu vois, le blog n'est pas alimenté quotidiennement. Je suis en vacances, sans ordi, j'en profite. Encore que... je vais bientôt commencer mes cours de russe.

2. Le 25 mar. 2016, 07h54 par Lambert

Un grand merci pour toutes ces photos de cette aventure Sibérienne sur le Baïkal. Et mes félicitations ,car se promener quelques jours sur le Baïkal en hiver en vélo ces un sacré challenge! Je connais le Baïkal que l'été!, j'espère un jour le découvrir en hiver. Bonne continuation. Mon épouse Olga se joint à moi pour vous saluer et vous souhaiter bonne fin de voyage. Cordialement Christian lambert

— oui, si tu as l'occasion d'y retourner en hiver, n'hésite pas, c'est superbe ! Quant au challenge, potentiellement oui, mais j'ai eu des conditions météo faciles, je dirais même quasi idéales. J'étais là pile au bon moment, j'ai pu savourer. 

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