Villages et villageois ingouches / Ингушские села и жители

Après Beyni, nous avons marché jusqu'en amont de Lyazhgi, en passant par une redescente dans la vallée faute de carte assez détaillée. Il n'y avait que quelques kilomètres à vol d'oiseau entre Beyni et les tours dominant Lyazhgi et Olgeti, mais ce trajet nous a pris une journée. Ca aurait été plus agréable (et rapide) à vélo...

Village de Lyazhgi par temps gris en fin d'après-midi

En chemin, nous avons bavardé un peu avec des Ingouches venus de Nazran pour le week-end, ils ramassaient des pousses de pin et faisaient griller des shashliks.

On a fait une pause au niveau de la dernière ferme du village de Lyazhgi, où nous nous sommes ravitaillées en eau, avant de chercher un coin pour bivouaquer en amont. Ce n'était pas la place qui manquait ! On a choisi une pelouse qui se trouvait être sur le chemin entre les pâturages et le village.

Troupeau de chevaux au-dessus de Lyazhgi

Alors en fin de journée, on a eu droit à la visite de tous les bergers du village, à pied, à cheval, ou à moto. Les uns après les autres, tous se sont arrêtés près de notre tente, en nous demandant si on avait assez à manger, si on ne risquait pas d'avoir froid, si on n'avait pas peur des loups et des ours...

Troupeau de vaches contournant notre bivouac. On ne passe pas inaperçues...

On a estimé qu'on était assez proches du village pour ne pas avoir à craindre les ours, on a rassuré nos voisins d'une nuit en leur disant que notre équipement de camping devrait être suffisant, et on les a remerciés en leur promettant que si on avait besoin de quoi que ce soit, on irait leur demander.

Erzi. Troupeau de tours médiévales au-dessus d'Olgeti

Ruslan Naurbiev & Tamara Yandieva : "Хьо хитIа еча" (chant ingouche)

Pendant ces sympathiques visites, nos interlocuteurs nous parlaient bien sûr en russe, mais échangeaient entre eux des commentaires en ingouche (ils étaient intrigués ou amusés, entre autres, par mon chariot-pulka). Alors là, je n'en revenais pas : je ne connaissais encore aucune langue qui comporte une telle densité de sons gutturaux. Je les écoutais bouche bée, toute émerveillée d'entendre quelque chose d'aussi exotique.

Tours ingouches en amont de Lyazhgi

L'ingouche, qui ne ressemble à rien sauf au tchétchène, utilise des régions de la gorge qu'on n'utilise pas pour parler dans les langues indo-européennes, même pas pour produire des "Х" russes avec l'accent géorgien ou des "ch" en schwyzerdütsch.

Petit hameau abandonné en amont de Lyazhgi

Le lendemain matin, grand beau. On en a profité pour aller admirer un point de vue sur Erzi depuis un minuscule hameau abandonné aux tours restaurées par une famille du village. Et ensuite, on a rejoint la route en fond de vallée, puis stop jusqu'à Dzheyrakh.

Lyazhgi, village ingouche. Au fond, l'Ossétie

Annexes

Commentaires

1. Le 4 sept. 2017, 13h52 par moi-même

au fait, si vous essayez de déchiffrer de l'ingouche ou du tchétchène, les sons gutturaux sont transcrits par des lettres supplémentaires à partir de l'alphabet cyrillique. Il y a des subtilités qui m'échappent, mais le I désigne le "coup de glotte" (un son qui existe en arabe), et les mots sont truffés de I, ХI, ХЪ ou Хь, ГI, КI, КЪ, КХ, et j'ai même aperçu un ККХ une fois... Ceci dit, en faisant un peu de biblio en ligne, je vois que d'autres langues caucasiennes foisonnent de consonnes dont une partie doivent être gutturales aussi :  l'alphabet cyrillique abkhaze comporte 8 variantes de "К" et 5 ou 6 de "Г" ou "Х"...

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