J'avais choisi une période "facile", au mois de mars, et j'ai eu de la chance avec la météo. Donc paradoxalement pour une spécialiste de cryophysique qui revient de Sibérie, je n'ai pas d'expérience de trek à très basse température. Mais bon, si ces détails "techniques" peuvent vous aider dans vos préparatifs, servez-vous.

Vivez sur le Baïkal ! Sculptures de glace près de Listvyanka

A part pendant mes 3 premiers jours à Irkoutsk où il a fait entre -20 et -30 °C, j'ai bénéficié de températures clémentes, pas plus froides que -15°C , avec vent fréquent mais relativement modéré. Et j'ai pu alterner bivouacs et hébergements en dur avec chauffage : pas plus de 3 nuits consécutives en bivouac.

Yakhont : "Изумрудная волна" (A. & V. Igolkin - album Baïkal)

Petit matin sur la côte d'Uzur...

J'ai donc échappé aux problèmes qui peuvent rendre ce type de voyage désagréable, voire difficile : condensation persistante dans les sacs de couchage, vêtements et lunettes ; joints du réchaud qui se fendillent ; élastiques qui perdent toute élasticité,... La contrepartie, c'est qu'il ne restait plus énormément de temps avant la débâcle.

Débâcle. La glace devient plus opaque, mais il reste quelques jolis micro-icebergs

Le moment où ça redevient dangereux de rouler sur le Baïkal varie selon les années : 2016 était une bonne année, la glace était encore bonne fin mars. En 2015, c'était risqué à cette période (l'hiver avait été globalement moins froid), un des cyclistes qui roulait avec Vladimir était passé à l'eau...

Les pronostics météo pour 2017 semblent plutôt bons pour la glace, mais je ne pourrai pas reprendre de congé cet hiver. Pour le long terme, pronostics réservés : les Sibériens me disaient qu'en une génération, la période de dégel du Baïkal a avancé en moyenne de 2 semaines.

Plage de Listvyanka. Version sibérienne des châteaux de sable.

Biblio et préparatifs

Je m'étais préparée en lisant, entre autres, Schwarzes Eis - mit Mountainbikes auf dem Baikalsee de Andreas von Hessberg et Waltraud Schulze, c'est une référence fiable. Vous pouvez commander leur bouquin (c'est en allemand), et regarder leur vidéo : ce film est un des trucs qui m'a donné très envie d'aller me promener là-bas.

On trouve aussi des conseils pratiques sur des sites de cyclistes canadiens, ou sibériens si vous lisez le russe. Enfin, Alexey Golovinov, qui gère une petite agence de voyages & trek à Irkoutsk, et parle très bien français, m'a donné de bons conseils pratiques et des adresses utiles.

Irkoutsk centre-ville : emplacement du petit atelier vélo A propos : si vous n'avez pas déjà tout l'équipement utile, vous pouvez trouver tout ce qu'il faut à Irkoutsk, dans les magasins d'articles de sport, aux rayons soit chasse & pêche, soit rando & alpinisme. A une exception près : vous risquez de galérer pour trouver les pneus clous (шипованные шины) dans des délais courts. On peut en commander, mais les magasins de vélo n'ont pas toujours de pneus en stock. Je ne regrette pas d'avoir monté mes pneus clous avant de partir. Sinon, une bonne ressource, assez "confidentielle", est le petit atelier vélo en sous-sol du stade Trud (voir plan ci-contre).

Lada assortie au décor sur Maloe More

Cartographie et météo

J'avais une carte du Baikal à l'échelle 1:550k éditée par Reise Know-How. Les refuges y sont indiqués ; ce sont des cabanes non gardées, mais équipées d'un poële et d'une hache. Je n'ai pas cherché de cartes plus détaillées, il y en a certainement. Mais bon, la densité de routes et chemins n'est pas très élevée en Sibérie, et j'y allais surtout pour rouler sur le lac...

Marshrutka et podushka sur le Baïkal à proximité de Listvyanka

Attention quand même aux points faibles de la glace : outre les failles dont l'emplacement change d'une année sur l'autre, les scientifiques ont localisé quelques disques où la glace est anormalement mince, à cause semble-t-il d'émanations de méthane souterrain. Renseignez-vous localement sur les conditions de glace et neige, en particulier auprès des randonneurs russes, souvent des patineurs qui apprécient le même type de "terrain" que les cyclistes.

Rando-patineurs sur Maloe More

Des photos satellites du Baïkal sont quotidiennement publiées sur le site du RosGeolFond > Sibérie > Baïkal. C'est tout en russe, il y a un tableau de données par date ; regardez dans la colonne "Ледовая обстановка" pour voir la couverture de glace du Baïkal.

Cristaux de glace le long d'une fissure

Données et prévisions météo locales disponibles par exemple sur les sites wofrance.fr > Asie > Nord > Russie , puis sélectionnez une station météo. Pour certaines localités, on trouve un rétrospective des données météo sur les années précédentes. Le site hmn.ru > Russia assure à peu près les mêmes fonctions, avec une présentation moins ergonomique.

Si vous voulez des cartes météo mondiales mises à jour plusieurs fois par jour, avec indications de température, direction et vitesse du vent, précipitations, etc, le site ventusky est très bien fait, je trouve. Le site windyty offre à peu près les mêmes fonctions sauf que son code couleur pour les températures ne descend pas en-dessous de -30°C.

Toross translucides au pied du Rocher du Chamane, île d'Olkhon

Tests à la maison

Avant mon départ, j'avais testé presque tout mon petit équipement au congélateur. Pour les tests de cyclage au congélateur, je mettais les objets dans un sachet étanche (sachet ziplok pour congélateur, ou petit sac nylon réutilisable à fermeture par enroulement). Essai de mon douillet ensemble pyjama + chaussons + moufles De tels sachets étanches sont indispensables en voyage pour protéger les objets sensibles (appareil photo et autres appareils électroniques) de la condensation au moment où on passe d'un environnement froid à une pièce chauffée. Et là, il vaut mieux prendre les fermetures à enroulement, les "ziploc" sont difficiles à manipuler avec gants.

Pour le gros équipement, j'ai fait confiance à mon étude biblio et aux archives des stations météo proches d'Irkoutsk. J'avais aussi fait le tri de ce je pouvais (ou pas) manipuler avec mes gants. Enfin, je suis habituée à ne pas chauffer mon appartement l'hiver (sauf la douche, j'avoue...), et j'ai eu fait de la rando à skis dans les Alpes, mais je n'ai pas suivi d'entraînement spécifique.

Le vélo

Je suis partie avec mon deuxième vélo sur mesure, celui que j'ai fait faire pour pouvoir rouler avec de larges pneus cloutés, après avoir revendu (à perte...) mon cadre Vagabonde raté.

Plage aux sculptures de glace près de Listvyanka

C'est un solide vélo Cattin à cadre acier (tubes Reynolds) sans suspension, moyeu Rohloff 14 vitesses, et freins sur jante de type V-brakes non hydrauliques. J'ai laissé la poignée tournante Rohloff d'origine et des gaines sans huile ni graisse, aussi bien pour les 2 câbles de changement de vitesses que pour les freins. J'avais une chaîne neuve et propre, dégraissée à l'essence et légèrement lubrifiée avec un spray au silicone (ça peut être au téflon aussi). Peu avant mon départ, j'ai vidangé le moyeu et remplacé l'huile par un mélange qui contenait plus de liquide de rinçage Rohloff que d'huile. Ca fuit un peu par températures positives, mais ça reste bien fluide jusqu'à -30°C, et je n'ai pas eu de souci avec le passage des vitesses, ni avec les freins.

Jour blanc et glace bleue

Par contre, pour info, sur ma randonneuse équipée Rohloff (c'est-à-dire mon autre vélo Cattin), j'ai une poignée tournante Berthoud en alu, à cause du cintre non compatible avec la poignée Rohloff. Cette poignée a besoin de pâte lubrifiante entre 2 bagues alu, elle devient dure par temps froid et se bloque vers -10°C.

NB : on peut très bien aller rouler sur le Baïkal avec un dérailleur classique, moyennant lubrification adéquate ; simplement il risque plus de se bloquer en cas de dégel/regel.

Pavage assez roulant dans le détroit des Portes d'Olhkon

J'avais monté des pneus-clous Schwalbe Ice Spiker Pro juste avant de partir. J'en suis satisfaite. Ils accrochent bien sur glace, et les gros crampons permettent de rouler aussi sur neige ou boue. Evidemment, sur route sèche, ce n'est pas du tout roulant, mais je n'ai quasiment pas fait de route. J'ai dû retirer les garde-boue, sinon les clous râpaient un petit peu dessus en passant (ça, c'était prévu dès la commande du vélo : surdimensionner le garde-boue aurait été gênant à cause du risque de "toe-overlap", et du réglage des freins).

J'ai utilisé ma pompe quelques fois, car mon pneu arrière se dégonflait très lentement : j'avais peut-être pincé un peu la chambre lors du montage. Pas de problème au-dessus de -15°C ; à -30 je ne sais pas. A propos, je conseille de partir avec chambres à air + pneus solides et en bon état, car s'il fait -30°C, je ne crois pas qu'on puisse réparer une crevaison. Le colle à rustines ne prendrait probablement pas, et de toutes façons, je ne tiendrais pas plus d'une minute sans moufles. Et réparer une crevaison en moufles, j'imagine pas bien...

Randonneurs autour du Rocher du Shamane.

Sac et sacoches versus remorque ou pulka

J'avais hésité un peu à emporter, en plus de mes sacoches arrière et avant habituelles, ma remorque Beez, une mono-roue assez légère, car mon chargement était plus volumineux que d'habitude. Mais :

  • je n'arrive pas à attacher ma remorque avec mes gants laine/polaire, et je ne voulais pas avoir à manipuler de la visserie métallique à mains nues par -20°C.
  • Dès qu'il y a un peu épais de neige sur la glace, une remorque devient très difficile à traîner.

Autre option possible : sur le Baïkal, on peut tracter une luge, de préférence à patins étroits. Mais on ne peut alors plus rouler sur route, sauf si on se bricole une pulka "amphibie".

Pulka amphibie

J'ai donc sanglé un sac sur le porte-bagages arrière. Ce sac étanche Exped, de forme plus aplatie que les classiques "boudins" Ortlieb ou autres, avait l'avantage de faciliter le passages de multiples sangles : celle des broches à glace et du piolet, et celles servant à fixer le sac sur le porte-bagages. Il était aussi plus facile d'y compacter le matériel léger mais encombrant grâce à sa valve de compression.

Porte-bagages arrière bien chargé

Est-ce vraiment nécessaire ? J'ai à plusieurs reprises rencontré des cyclo-randonneurs sibériens qui arrivent à se contenter de 2 grandes sacoches arrières + quelques bricoles attachées au cadre ou un petit sac à dos. Mais bon, je ne suis pas sûre que ce soit recommandable sans un entraînement préalable, du genre service militaire dans l'armée russe...

Kubanskiy kazatchiy khor : "Когда мы были на войне"

Et puis, Vladimir, qui voyageait ainsi avec un barda léger, m'a expliqué qu'il s'arrangeait pour dormir dans des cabanes. Il lui est même arrivé de rouler jusqu'à minuit pour rejoindre un hébergement : je préfère porter quelques kilos de plus...

Hameau d' Uzur au soleil levant

Quant aux sacoches, c'était mes habituelles Ortlieb, gamme "Plus" (toile cordura enduite sans PVC). Je n'ai pas testé moi-même, mais normalement, elles restent plus souples à basse température que celles de la gamme "Classic" (toile type bâche de camion).

Rangement des bagages

J'ai remplacé certains de mes petits sacs nylon par 2 sacs de compression à valve, pour mes équipements en duvet (sacs de couchage, doudoune, chaussons, moufles) et ma tente. Non seulement on gagne de la place, mais c'est bien plus facile de ranger duvet et doudoune. Je décompressais les duvets dès que je me posais quelque part.

Déplacements quotidiens entre Listvyanka et Port Baïkal

Le seul truc moins encombrant que d'habitude, c'était ma trousse pharmacie : aucun risque de piqûres de moustiques ou de guêpes, ni de coup de soleil plus étendu que le bout du nez ; peau non exposée au risque d'écorchure en cas de chute ; peu de risque de me couper (pas de bricolage à main nues, et le seul aliment pour lequel j'ai eu besoin d'un couteau était mon poisson séché). Et à part en ville, très peu de microbes et virus. J'avais emporté 4 petits sachets de chaufferettes pour doigts, je ne les ai pas utilisés.

Tente

Je suis partie avec ma tente 2 places parce que c'est une tente "4 saisons" (ma tente 1 place n'est pas conçue pour supporter la neige). C'est une Exped Venus Extrem, tente suisse de conception soignée, spacieuse avec ses 2 absides latérales, et auto-portante. Elle n'a pas de jupe, mais supporte vent+neige sans problème. A la température du congélateur (-18°C), les élastiques des arceaux restent élastiques ; pour des températures plus basses, il est recommandé de les remplacer par une petite cordelette nylon.

Mon premier bivouac sur l'île Ogoy, après dénouage des haubans...

J'avais 2 jeux de haubans : les haubans Exped d'origine, et un lot de haubans Hilleberg. Les bloqueurs servant à régler la tension sont différents pour les 2 marques : les Hilleberg peuvent se serrer/desserrer avec gants mais on ne peut pas ouvrir la boucle sans dénouer ; les Exped doivent être serrés à mains nues, mais on peut facilement ouvrir la boucle sans dénouer pour s'amarrer à un arbre ou à une clôture. Petit conseil : pensez à les démêler avant de partir.

Tout pour arrimer la tente sur terre comme sur le lac J'avais tout un assortiment de sardines et ancres, car la consistance du sol est très variable en Sibérie. Le sable ou les couches d'aiguilles de mélèzes peuvent être très meubles, mais dès qu'on est sur un sol humide qui a gelé, c'est très dur.

  • clous titane fins de 16 cm de long
  • sardines alu profilées en Y de 18 cm de long
  • sardines géantes en titane dites "piquet à neige ou sable", profilées en U de 30 cm de long
  • broches à glace louées à des randonneurs d'Irkoutsk. Certains randonneurs russes se contentent de vrilles manuelles, je n'y avais pas pensé. Broches à glaces UL pour randonneur sibérien

J'avais emporté un marteau-piolet qui m'a servi à planter les clous ou sardines de la tente, et parfois à prélever de la glace pour me faire de l'eau. Un marteau + mes clous titane ou les broches à glace auraient pu faire l'affaire aussi. Les randonneurs et pêcheurs russes emportent parfois une chignole pour pouvoir puiser l'eau du lac, mais c'est plus encombrant !

Couchage Pêcheurs vus de mon île déserte

J'avais compilé les spécifications de différents matelas et duvets pour évaluer mes besoins (fiches produit des fabricants, wiki randonner-leger, et quelques messages pêchés en cherchant par mots-clé sur les forums randonner-leger ou voyageforum).

Attention, attention :

  • si on regarde attentivement les 2 graphes suivants, on voit que la droite caractéristique coupe l'axe des températures vers 15°C. L'indication "température de confort" doit donc être comprise en supposant qu'on est suffisamment habillé pouvoir dormir sans sac de couchage par 15°C. Sinon, il est prudent de translater la droite de quelques degrés vers le haut, et d'épaissir un peu votre matelas, à raison de 1 unité anglo-saxonne de R pour 6,7 degrés. NB: bien que le Royaume-Uni et les USA aient —tardivement— légalement adopté le Système International, les fabricants donnent habituellement R en unités anglo-saxonnes.
  • La comparaison des m*cuin de différents sacs de couchage est valable si le duvet est réparti sur une même surface (taille standard : sarcophage de longueur 185cm). Si vous avez une autre taille de sac, il faut appliquer un facteur correctif.
  • D'autres paramètres peuvent influencer la "température de confort" d'un matelas (conductivité thermique du sol) ou les performances d'un duvet (type de cloisonnement, traitement hydrophobe,...). Et certaines personnes résistent mieux au froid que d'autres : testez-vous avant de partir.

Température d'utilisation de matelas en fonction de leur R

Pour les matelas, les coeff R s'additionnent si vous en empilez 2. Pour les duvets, théoriquement les masse*cuin s'additionnent aussi, mais à condition que le duvet extérieur ne comprime pas du tout le duvet intérieur ; sinon la performance est réduite.

Gamme de température utile d'un sac de couchage en duvet

La région du Baïkal a un climat très continental sec, donc j'ai emporté les 2 sacs de couchage en duvet que j'ai depuis plusieurs années. J'avais :

  • 2 sacs de couchage en duvet Yeti , un garni 500 g + un garni 350 g, tous 2 à 850 cuin (cuin = volume occupé par une once de duvet, exprimé en pouces cube). Mais attention : mes 2 sacs sont sur mesure, plus courts que la taille standard pour une même quantité de duvet (165 cm au lieu de 185) ; ça me fait gagner environ 12% en épaisseur de duvet, soit l'équivalent d'une charge 950 g * 850 cuin en taille standard. Je les superposais, le plus épais bien fermé (avec collerette et capuche), le plus léger ouvert en couverture par-dessus pour ne pas serrer l'autre. On a un meilleur rapport isolation / poids avec un seul gros sac en duvet, mais je n'allais pas en racheter un alors que j'avais déjà ces 2 sacs ! Echantillons de glace dans le port de Listvyanka
  • matelas gonflable garni duvet Exped Downmat UL7. Je le gonflais avec le sac-pompe pumpbag Exped Schnozzel, que j'ai trouvé bien plus pratique que la mini-pompe de la même marque. Je n'ai jamais eu froid par le matelas. NB: la pompe est indispensable : en gonflant à la bouche on introduirait de la vapeur d'eau qui condenserait immédiatement dans l'isolant du matelas, et dégraderait ses propriétés.
  • sac VBL en nylon aluminisé (Vapor Barrier Liner, pas véhicule blindé léger). Par chance je n'en ai pas eu besoin. Le rôle de ce sac est de réduire les pertes thermiques et de maintenir le duvet sec en vous empêchant d'évaporer de la sueur. Ca marche mais on passe quelques minutes désagréables pour se changer au lever à cause de la condensation à l'intérieur !
  • mousse d'appoint Exped Evazote 4 mm, recoupée à ma taille 160*50 cm. Utilisable pliée en 3 en guise de coussin si on n'a pas de sidoushka, ou dépliée sur matelas + oreiller. Elle m'aurait aussi permis de limiter un peu mon refroidissement en cas de crevaison de mon matelas pneumatique.
  • oreiller gonflable, que je complétais avec le peu de vêtements que je ne portais pas la nuit enveloppés dans le bout de matelas mousse mince de l'alinéa précédent.

Beau bivouac sur une plage congelée près de Pechanya

Théoriquement, ma superposition de duvets devait avoir une "température de confort" de -20°C et une "température limite" de -30. Pour dormir, je quittais bottes, veste et/ou doudoune, et moufles, mais je gardais tout le reste, et j'ajoutais mes chaussons en duvet. Je ne portais rien sur le visage pour dormir : à -15°C c'est plus confortable comme ça au niveau condensation.

A noter, une spécificité intéressante de mon sac de couchage Yeti : le duvet est compartimenté, mais les compartiments font le tour. On peut donc modifier un peu la répartition du duvet entre "dessus" et "dessous" (dessus = au-dessus du ventre quand on est couché sur le dos). Comme mon matelas était bien isolant, je mettais un peu plus de duvet sur le dessus.

La glace cristallise et forme de jolies décorations avant de fondre Je me réchauffais lentement mais sûrement (ou vice versa) dans mon duvet. Quand il faisait -15°C, c'était un peu limite en début de nuit, surtout au niveau des pieds (je ne suis pas frileuse, sauf aux extrémités), mais après "un certain temps", j'étais bien. A -30°C, j'aurais survécu avec cagoule et sac VBL, mais probablement pas bien dormi.

Yakhont : "Мой Тугач" - Чёрная смородина" (album Baïkal)

Popote et réchaud

J'ai rencontré sur l'île d'Olkhon un Sibérien russo-kazakh qui avait fait à pied une grande traversée hivernale du Baïkal, c'est-à-dire dans le sens Nord-Sud (environ 700 km) : au 3e jour son réchaud a rendu l'âme. Eh bien, le gars a continué pendant 1 mois, en février, en carburant au feu de bois sur les rives... Mes 2 réchauds : réchaud à gaz compact Edelrid Kiro Ti, et réchaud multi-combustibles (dont essence) Primus Omnifuel Moi, dans la catégorie "petit joueur", pour ma petite traversée en mars, j'avais emporté 2 réchauds, par peur de manquer d'eau en cas de petit pépin : un réchaud multi-combustible Primus Omnifuel et un petit réchaud à gaz. Comme il n'a pas fait très froid, je n'ai utilisé que mon réchaud à gaz, un Primus Ti-Lite, remplacé depuis par un Edelrid Kiro Ti. Le Primus Ti-Lite était peut-être un tout petit peu plus efficace au niveau énergétique, mais le Edelrid Kiro est mieux conçu au niveau mécanique (plus stable, ne prend pas de jeu).

Aire de repos confortable, avec restes de bois et d'oranges abandonnés par d'autres randonneurs

Il ne faut pas prendre des cartouches de gaz ordinaires par températures < 0°C : le gaz se liquéfie et il n'y a plus de pression dans la cartouche. On peut étendre un peu la gamme de fonctionnement en utilisant la cartouche tête en bas si le réchaud le permet (réchauds à cartouche déportée). J'ai utilisé des cartouches "hiver" ou "4 saisons" qui fonctionnent jusqu'à -20°C. En-dessous, il faut passer à l'essence.

Les cartouches "4 saisons" avec valve à vis sont faciles à trouver à Irkoutsk au rayon "Tourisme et articles de pêche" des magasins de sport. On y trouve aussi de l'essence blanche, des briquets, et des allumettes résistant à l'humidité.

L'eau gelée du Baïkal

Suite au "test congélateur", j'ai laissé sur le réchaud les joints d'origine (enfin, des neufs mais identiques), mais si vous voyagez par période plus froide, les experts recommandent de remplacer les joints plastique par du cuir taillé sur mesure.

Réchaud Primus Omnifuel et briquet PowerLighter. On peut faire la popote sans quitter les gants. J'ai éliminé des briquets qui ne s'allumaient plus ou trop difficilement après leur cyclage au congélateur. Ne pas oublier de réchauffer le corps du briquet avant de conclure qu'il est bon à jeter, car les briquets à gaz ne fonctionnent pas avec un réservoir en-dessous de 0°C. J'avais emporté un petit briquet à essence en plus, en dépannage.

Sur le terrain, il faut stocker au moins un briquet sur soi, dans une poche intérieure. J'avais aussi acheté à Irkoutsk des allumettes résistantes à l'humidité, mais un briquet comme le Primus Power Lighter a l'avantage de pouvoir se manipuler avec gants : briquet-torche très pratique, mais j'ai trouvé la tenue au vent un peu faible le soir où j'ai voulu allumer un feu de bois (pour un réchaud, aucun problème). A propos, n'oubliez pas un bon pare-vent (pas trop léger) pour le réchaud.

Marché de Listvyanka. Baboushka et ses pirojkis maison. Bien sûr, sur mon vélo, j'ai remplacé bidon et bouteille par 2 thermos. J'avais retiré le collier du porte-bouteille qui tient le goulot des bouteilles de 1,5 l, et je faisais tenir le classique thermos 1 litre avec une boucle de velcro. Par temps doux (-5 à -10°C), l'eau bien chaude du matin était encore assez chaude en fin d'étape.

La gourde thermos Laken 500 ml qui se case juste dans le porte-bidon comme un bidon ordinaire 750 ml est très pratique. Elle existe aussi en version 750 ml. Cette petite gourde thermos étant un peu moins isolante que l'autre, je consommais son contenu avant le thermos 1 litre. Pour éviter de me mouiller les doigts en remplissant ma gourde, j'avais bricolé un entonnoir en découpant le sommet d'une bouteille d'eau minérale.

J'avais 2 popotes titane de 0,9 litre pour faire mon eau chaude puis préparer couscous ou assimilé, soupe ou thé. Je trouve ça plus pratique qu'une seule grosse popote: je peux utiliser l'une comme bol ou assiette pendant que ça cuit dans l'autre. Penser à garder un fond d'eau en réserve pour amorcer la fusion de la glace ou neige, sinon ça prend nettement plus de temps.

Etal de poissons au marché de Listvyanka.

Ravitaillement

Je buvais du thé et de l'eau chaude. Je consomme régulièrement environ 1 litre de thé par jour, mais 2, ça fait trop de théine ; et on s'habitue très bien à l'eau chaude quand il fait froid ! L'eau du Baïkal est potable, j'en prélevais au marteau-piolet, ou sous forme liquide auprès de pêcheurs ou dans les trous-abreuvoirs près des villages.

Du sud du lac à la pointe nord d'Olkhon, la densité de villages est suffisante pour qu'on puisse se ravitailler régulièrement, tous les 2 jours si on roule "normalement". Plus au nord, il faut plus d'autonomie, mais n'y ayant pas circulé, je n'ai pas de conseils plus précis. Je faisais des étapes plutôt courtes, et il faut prévoir une marge de sécurité en cas de mauvais temps : j'emportais pour à peu près 5 jours.

Paillottes à Listvyanka : plov et shashlik sur la plage

Au menu : couscous amélioré (semoule précuite avec de petits morceaux de légumes séchés + épices) mixé avec de la viande séchée des Grisons, poisson séché fumé de Sibérie, soupes en sachet (avec ou sans "nouilles chinoises"), lait en poudre et muesli enrichi en petites pépites de chocolat + chips de banane + poudre de coco. J'avais même un peu de pain et 2-3 pommes au début, mais s'il avait fait très froid, j'aurais eu du mal à les croquer. Pour la "route", quelques fruits secs et barres salées ou sucrées ; je mangeais peu en route, je ne préparais pas de repas ni d'eau chaude à midi. C'était d'autant plus facile que je n'avais pas besoin de déjeuner tôt le matin, au contraire : j'attendais que le soleil réchauffe un peu la tente avant de sortir de mon duvet.

Garde-robe

Touristes russes à Listvyanka

Les pieds A petits pas sur la glace, pour ne pas reprendre une gamelle

J'ai suivi le conseil d'Andy Hessberg : chaussures chaudes à semelles souples pour pédaler par grand froid. C'était des bottes mukluk Steger. Elles ont en commun avec les Valenki russes que le constituant principal est du feutre. Le feutre des Steger est mélangé avec des fibres de polypropylène pour mieux évacuer l'humidité, et le chausson amovible est échancré devant le tibia pour laisser plus de souplesse. Ces mukluks existent en version avec enveloppe en toile caoutchoutée étanche , et/ou en pointure élargie pour pouvoir emboîter 2 épaisseurs de feutre. Je me suis contentée de la version simple, non étanche, plus légère et souple : Bottes mukluk Steger : comme dans des pantoufles ! semelle caoutchouc, pied cuir d'élan, tige nylon cordura. J'avais juste ajouté une semelle intérieure en feutre pour mieux m'isoler du sol. De vraies pantoufles ! Bien plus souples et légères que les classiques bottes canadiennes Sorel, Baffin, Kamik ou équivalents qu'on trouve plus facilement en Europe.

Il n'a pas fait assez froid pour que j'aie besoin de porter les surchaussettes VBL, mais j'en avais pris. Je portais selon les jours 1 ou 2 paires de chaussettes (soie avec bouclettes + laine). Par grand froid ou si bottes mouillées, j'aurais emboîté chaussettes fines / VBL / chaussettes épaisses / bottes. Ou peut-être même aurais-je regretté de ne pas avoir pris les bottes avec 2 épaisseurs de chausson en feutre ?

Par contre, j'avais sous-estimé une difficulté : si le vent souffle fort (et ça, ça n'est pas si rare sur le Baïkal ! ), il est impossible de rouler à vélo, Petits crampons mettables sur chaussures souples et de marcher sans crampons ou semelles cloutées sur la belle glace du Baïkal. Par chance le vent est resté modéré pendant ma rando sur glace, sinon je n'aurais pas eu d'autre choix que d'amarrer ma tente et mon vélo avec mes broches à glace, et de m'y réfugier en attendant l'accalmie. Une prochaine fois, je ne partirai pas sans une paire de petits crampons qu'on peut mettre sur des chaussures souples ou j'en achèterai sur place.

Les mains

Gants souples pour les travaux délicats

Pour les mains, j'avais une paire de gants Black Diamond Woolweight avec renforts cuir, dont je suis très contente, mais qui ne sont hélas plus au catalogue. Ce sont des gants souples et peu encombrants, en textile mi-laine mi-synthétique : douillets comme de la fourrure polaire, mais avec les qualités de la laine (assez bonne isolation thermique même humides, pas d'odeur). Bien coupés, je n'avais pas le bout des doigts serrés. Les pièces cuir (ou imitation cuir) au bout de pouce + index permettaient de pianoter sur l'écran tactile du smartphone sans quitter les gants. Pour couper le vent, je mettais par-dessus des surgants légers "3 doigts" (ou "homard"). Ces surgants coupe-vent imperméables et respirants étaient assez fins pour que je puisse manipuler mon appareil photo avec.

Glaçon au soleil couchant et gant Black Diamond Woolweight

En-dessous de -10°C, moufles fourrées Rab Expedition 8000, bien conçues : Primaloft côté paume, duvet au-dessus. Mais pas bien coupées par contre : si j'essayais de les porter avec mes gants polaire en-dessous, le pouce était trop serré alors que c'était large et trop long autour des 4 autres doigts. Je portais juste des sous-gants en soie dessous. C'était assez confortable, sauf que j'avais moins envie de sortir les mains pour prendre des photos...

Poste de pilotage du vélo de Vladimir, avec ses manchons

Certains cyclo-randonneurs mettent des manchons sur le guidon (comme les poggies des kayakistes, mais en plus chaud) à la place des moufles. Pourquoi pas, mais dans les endroits où on doit pousser le vélo chargé, on utilise généralement une main pour tirer le vélo par la tige de selle, et il n'y a pas manchon à cet endroit. Et puis, au bivouac, c'est plus pratique d'avoir des moufles que des manchons.

J'avais des chaussettes et des gants + surmoufles Goretex de rechange, au cas où.

Le reste

Ma tenue n'était pas très différente de celle d'un randonneur alpin en hiver :

Selfie sans les mains !

  • "couche de base" mi mérino mi synthétique : on peut aussi utiliser du pur synthétique ou du pur mérino, mais j'ai vraiment apprécié ma première couche hybride Lundhags mi-mérino mi-polyester avec de mini-bouclettes en face intérieure. Mon modèle semble avoir disparu du catalogue, vous trouverez des équivalents dans quelques autres marques. Sinon, en première couche pure laine mérino, sur les 3 marques que je connais, je recommande plutôt Icebreaker ou Décathlon que Smartwool qui tisse moins serré ; sauf pour les culottes : les Smartwool sont mieux coupées pour des cyclistes.
  • Collants : cuissard long molletonné, ou, s'il ne fait pas très froid, collants en laine mince + cuissard court léger (je ne le vois plus sur leur site, mais j'avais trouvé mon boxer cyclo Craft chez Intersport). Si vous n'utilisez pas de cuissard cycliste matelassé, je vous conseille de mettre un couvre-selle isolant pour ne pas avoir froid aux fesses. Soleil couchant sur Maloe More, vu de la plage de Khujir
  • Pull en laine à col montant : la "polaire mérino" Icebreaker est très confortable sans être trop encombrante. En un peu plus encombrant et plus chaud, il y a 2 très bonnes marques scandinaves, Ullfrotte alias Woolpower (bouclettes laine) et Dale (double épaisseur laine). Plusieurs autres marques proposent des pulls en laine merino (Orthovox, Smartwool, Patagonia,...).
  • Gilet en polaire sans manche à col montant. Large choix de modèles équivalents dans diverses marques, j'avais un gilet Patagonia .
  • Pantalons de rando Fjallraven Nikka : très bon compromis solidité/confort grâce à la juxtaposition de 2 textiles, une toile résistante aux genoux et aux fesses, et un tissu élastique ailleurs. Poches très pratiques.
  • Veste coupe-vent imperméable et respirante : j'ai une veste Bergans, choisie pour l'élasticité du textile Dermizax NX. Très bon produit, avec un seul petit défaut, la fermeture-éclair devant un peu dure. Ne pas lésiner sur la qualité de la veste, le Baïkal est bien venté : la veste ne doit pas serrer (à tester par-dessus toutes les couches intérieures), bien couvrir le bas du dos, le cou et les poignets même quand vous allongez les bras vers le guidon, avoir une capuche ergonomique (à vélo, c'est bien de ne pas avoir la vue trop bouchée quand vous tournez la tête sur le côté), et l'ouverture sous les bras est très utile quand il ne fait pas très froid.
  • Pour la tête , j'avais selon les jours un bandeau en merino ou un bonnet coupe-vent, plus la capuche de la veste quand le vent soufflait.
  • Je portais généralement mes lunettes de soleil Julbo habituelles, avec "verre" polycarbonate photochromique polarisant et anti-buée. Même si le Baïkal n'est qu'à 460m d' altitude, glace et neige révèrbèrent bien, et les lunettes protègent aussi un peu du vent. Mon nouveau pyjama
  • Au bivouac ou par grand froid : doudoune duvet. Ah, la mienne a disparu du catalogue, voici ce qui s'en rapproche le plus : doudoune Millet.
  • Par mauvais temps : surpantalon Vaude de bon rapport qualité/poids et bien fichu. Je n'en ai pas eu besoin mais il m'avait bien rendu service à la fin de l'hiver l'an dernier, et je l'aurais évidemment mis si le vent avait soufflé plus fort.
  • Quand j'avais du vent de face, j'ai porté 2 fois la cagoule intégrale en polaire, et j'avais emporté 2 masques (un masque néoprène pour le visage et un masque de ski pour les yeux).

Shamanka au soleil couchant (cap Burkhan)

Jouets électroniques et batteries

NB : l'autonomie des batteries est vraiment fortement réduite à basse température.

Mon appareil photo numérique (APN) est gourmand en batteries à cause de sa visée non réflexe. C'est un bridge Leica V-Lux 1 de 2008. C'est un excellent zoom équipé d'un boîtier fixe avec capteur petit format, et j'aime bien son écran orientable 2 axes pour "tirer dans les coins". Ce modèle n'est plus produit, le successeur est le V-Lux 114. Il a presque les mêmes caractéristiques, avec un capteur un peu plus grand, une meilleure définition en vidéo, et quelques gadgets communicants.

Touriste chinoise se promenant dans les toross près du cap Burkhan

J'avais emporté 3 batteries de rechange (700 ou 900 mAh en Li 7,2V). Mais en-dessous de -10°C, inutile de miser sur mes batteries de rechange : elles ne tenaient guère plus de 2 ou 3 heures. Remède : je stockais la batterie en cours + la suivante dans une poche sous mon pull en laine, et je la mettais dans l'APN quand je prenais des photos. Pas bien pratique, mais comme je pouvais le faire avec mes gants, ça allait. Viseur électronique et autofocus ont fonctionné normalement. Pour ne pas avoir de condensation, j'emballais l'APN froid dans un petit sac nylon étanche avant de rentrer dans un lieu chauffé (habitation ou marshrutka).

Belles plaques de glace au large d'Olkhon

Pour le smartphone, un Samsung Galaxy S5 avec batterie d'origine Li ion 3,8V 2800mAh , je n'avais pas pris de batterie de rechange. Je n'utilisais pas la fonction GPS, elle vide rapidement la batterie. J'ai pu naviguer à vue ; en cas de mauvais temps j'ai toujours une boussole. Je ne mettais le blog à jour que dans les hébergements avec prises secteur. En chemin, mon smartphone ne servait donc qu'à prendre des photos pour la mise à jour suivante, et échanger quelques SMS. Touriste chinois consciencieux traînant sa malette de matériel photo aux abords du Cap Burkhan Il était soit rangé dans une poche du pantalon sur ma cuisse, soit dans la sacoche de guidon et connecté à l'adaptateur-chargeur eWerk, lui-même alimenté par ma super dynamo 12V 6W Busch & Müller Dymotec S12.

Malheureusement cette dynamo haut rendement Dymotec S12 n'est plus produite par Busch & Müller et je ne connais pas de produit équivalent (le standard habituel, c'est 6V 3W). Pour qu'elle ne dérape pas, tout en évitant que le galet s'use trop vite en frottant sur le pneu, il faut régler très soigneusement l'alignement de la dynamo et la pression galet/pneu. Moyennant quoi ça marche très bien, même avec des pneus sans la petite bande crantée sur le flanc (les pneus-clous Ice Spiker Pro ont un flanc lisse).

Le compteur du vélo, un VDO M4 WR, alimenté par une pile-bouton CR2032, fonctionne jusqu'à -20°C d'après la documentation du fabricant ; et en effet, il n'affichait plus rien les jours où il faisait plus froid. Si nécessaire, j'aurais pu me dépanner avec le GPS de mon smartphone. A l'est ou au nord de l'île d'Olkhon, on ne capte pas toujours le réseau GSM : j'avais un adaptateur transformant mon smartphone en téléphone satellite.

Glace noire : 1 m de glace translucide sur 1000 m d'eau pure

Toilettes

J'avais envisagé d'utiliser une gourde polyéthylène souple à goulot large comme pot de chambre dans ma tente. Le fabricant Nalgene dit que ce plastique tient jusqu'à -30°C. Mais comme je ne m'attendais pas à avoir des températures extrêmes, je n'en ai pas emporté, j'allais faire mes besoins dehors même de nuit.

Abri de pêcheur mobile de retour à Khuzhir en fin de journée

Toilette

Comme je pouvais m'offrir un hébergement en dur régulièrement, je n'ai pas passé plus de 3 nuits de suite en bivouac. Et je n'ai pas transpiré. Le climat dans la région du Baïkal étant assez sec, ça ne pose pas trop de problème. Il faut doser l'effort pour éviter de transpirer, et ne pas hésiter à enlever puis remettre une couche de vêtement plusieurs fois par jour si nécessaire.

Vagues figées vues de mon bivouac au cap Ukhan

Ma situation n'était donc pas plus difficile que celle d'un randonneur à ski qui part faire une course hivernale de 4 jours dans les Alpes, malgré une toilette très minimaliste. Je me lavais les dents normalement : il n'a pas fait assez froid pour que mon dentifrice gèle, et au pire, j'avais emporté un peu de dentifrice en poudre, produit facile à trouver dans les épiceries bio. Je me frottais les fesses avec un peu de neige une fois par jour (pas agréable, mais relativement efficace). Comme je quittais rarement mes gants, j'avais rarement besoin de me laver les mains, et j'avais des gants de rechange qui sont restés propres. Au besoin, je me frottais les doigts soit avec un peu de neige (comme les fesses, et pour la même raison...), soit avec un chiffon microfibre humidifié et du savon. Et bien sûr, dès que j'arrivais dans un gîte, je prenais une bonne douche chaude, voire une séance de banya.

Banya mobile sur le Baïkal

Pour les traversées plus longues, il reste la possibilité de faire sa toilette dans les cabanes-refuges : hache + poële —> feu de bois —> air moins froid et gamelle d'eau chaude. Je n'ai pas essayé d'utiliser de lingettes parce que je n'en utilise pas d'habitude, mais peut-être ce serait pas mal dans ce contexte ??? Si vous avez testé, merci de nous dire ce que vous en pensez.

Début de la débacle. Podushka et soleil couchant à Listvyanka

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