Notre bref N+1ème passage à Vladikavkaz s'est terminé à l'Avtovokzal N°2, la vieille gare routière, avec un hall en état de décrépitude avancé. C'est de là que partent, entre autres, les marshrutkas pour la Tchétchénie et le Daghestan.

Kharisdzhin. La première maison de l'autre côté du Fiagdon est la datcha de Svetlana Dans notre marshrutka pour Verkhnyi Fiagdon, la passagère assise derrière nous engage la conversation. Apprenant qu'on envisageait de dormir dans notre tente alors qu'on allait arriver de nuit, elle nous invite à loger chez elle ( quelle excellente idée ! :-) ). On a donc passé la nuit chez Svetlana, dans le hameau de Kharisdzhin.

Alan Tsarikaev : "Девчонка осетинка"

Svetlana est une modeste retraitée. Elle passe l'été ici, à la datcha, et le printemps et l'automne à Vladikavkaz. Elle trouve l'hiver rude, et préfère alors séjourner chez sa fille en Angleterre. Elle a fait construire une annexe type Algeco à côté de sa petite maison pour accueillir sa famille russo-britannique quand ils lui rendent visite. Svetlana sur la terrasse de notre Algeco d'hôte Comme ils ne sont pas là en ce moment, nous logeons confortablement à leur place.

Au petit-déj, copieux, nous bavardons longuement avec Svetlana. Elle craint que les litiges territoriaux ou communautaires rallument un jour ou l'autre des conflits armés entre l'Ossétie et l'Ingouchie. Elle critique la mode des jeans troués aux genoux, non pas parce que ça ferait désordre, mais parce qu'elle trouve idiot d'augmenter le risque d'avoir des rhumatismes plus tard. Elle nous fait visiter son jardin et ses ruches, et nous offre une poignée d'abricots pour la route. Enfin, au moment où on repart en la remerciant pour son hospitalité, elle nous remercie tout simplement... de ne pas avoir eu peur de venir dans le Caucase.

Un ancien hameau abandonné dans le vallon du Fiagdon

La randonnée dans la haute vallée du Fiagdon était chouette.

Notre super-bivouac pris dans le brouillard...

On a trouvé un bivouac *** entre 2 postes de garde-frontière, tellement confortable qu'on y a passé 2 nuits.

On s'est levées plus tôt que la brume

Cueillette de cumin sauvage Que demander de plus : de la paille sous la tente, un ruisseau à 2 pas, un hangar avec une table et 2 bancs pour pique-niquer à l'abri de la pluie, et... du cumin à foison ! On n'avait qu'à se pencher pour en cueillir. On a savouré une salade tomate-concombre au cumin, une soupe au cumin, des nouilles au cumin, du pain-fromage au cumin, et même du cumin au cumin en marchant le long du chemin. Ca faisait passer le goût de l'eau minérale locale, prélevée à la source, pétillante et délicatement sulfurée, que des promeneurs russes nous ont offerte en passant.

Le même petit hameau abandonné, par beau temps au retour

C'est justement vers cette source qu'on est allées se promener, en longeant le Fiagdon puis le Bugultadon,

Bugultadon. Un torrent emprunte la piste, ou vice versa

à travers des alpages partiellement abandonnés où paissent des troupeaux de chevaux en liberté.

Vue de notre bivouac par beau temps.