Un des buts du voyage était de voir la face nord du mur de Bezengi, une belle muraille culminant à 5200m, dont on avait pu admirer le versant sud géorgien en Svanétie en 2011.

Versant sud du mur de Bezengi : le Mont Skhara vu d'Ushguli.

Magomed Dzybov : "Кобэщычым Яхьанэхъожъ" (chant tcherkess)

Bezengi est en Kabardino-Balkarie. De Vladikavkaz, capitale d'Ossétie du Nord - Alanie, à Naltchik, capitale de la république de Kabardino-Balkarie, il n'y a que 2 trains par jour avec changement à Eaux Minérales (sérieux, la ville s'appelle Минеральные Воды), et pas à des heures très pratiques pour nous. On a pris une marshrutka.

Gare routière nord de Vladikavkaz. Interdit de prendre des photos dans ce hall

A la gare routière Naltchik-1, une passagère de notre minibus nous a expliqué que pour continuer sur Bezengi, il fallait aller à la gare routière 2, celle du Zelyoniy rynok (le marché des fruits & légumes), et elle nous a appelé un taxi moins cher que ceux qui maraudent dans la gare routière. A Naltchik-2 on a fait quelques emplettes au marché et pris un rafraîchissement à la cafèt de l' avtovokzal. On est maintenant en pays musulman : lave-main à l'entrée de la salle et plats hallal au self-service. Mais la proportion de jeunes femmes encapuchonnées m'a semblé plus faible qu'en France.

Gare routière Zelyoniy rynok, Naltchik-2

Lorsque le bus Naltchik - Bezengi a fait une petite halte vers Kashkhatau, on nous a expliqué qu'on était maintenant en terre balkare. C'est vrai qu'en montant, les noms des villages commençaient à être moins exotiques : ça rappelait du déjà vu en Asie Centrale, avec par exemple des noms de rivières ou de villages riverains en ...-su (su ou suu = eau en turc, tatar, kazakh, kyrgyz...).

Gorges du Tcherek Khulamskiy entre Babugent et Karasu

Petite pause culturelle : les Kabardes font partie de la grande tribu des Tcherkesses (ou Adyguéens), ils parlent une langue de la famille "Caucase nord-ouest" (langues abkhazo-adyguéennes) riche d'une soixantaine de consonnes. Ils habitent majoritairement dans la plaine au pied du Caucase. Petit marché près de la gare routière nord de Vladikavkaz. Couvre-chefs caucasiens Un peu plus au sud, dans la montagne, on trouve des Balkars et des Karatchaïs, qui parlent une langue de la famille du turc.

Alim Gazaev : "Марьям" (chant balkar)

Il aurait pu paraître logique de créer une micro-république kabardino-tcherkesse et une micro-république karatchaïevo-balkare. Mais suivant un précepte connu depuis la nuit des temps, Staline a appliqué une autre logique consistant à diviser pour régner. C'est pourquoi les habitants turcophones sont minoritaires aussi bien en Karatchaïevo-Tcherkessie qu'en Kabardino-Balkarie.